Focus sur Patrick Nicholas, auteur de Belle

Interview réalisée avec Patrick Nicholas, auteur du magnifique Portfolio Belle que nous web landscapesvous avons présenté début de cette semaine. (incl. traduction de l’interview)

WeLovePhoto – Vous en tant que photographe et votre style: Quelle est votre expérience en photographie? Quand avez-vous commencé et pourquoi? Qui sont les photographes qui vous inspirent le plus? Quel matériel photo spécifique avez-vous utilisé pour réaliser cette série ?

I started photography while at Art School and later specialised in photography and cinema at university. I started working in the film business after graduation and in fact my first job was as assistant film editor for Ridley Scott. This seemed like a great start but in fact I was fired for running the rushes of Alien upside down! After this I decided to go it on my own as a photographer  went to try my luck in Italy in 1982 and I have been here ever since.  

J’ai commencé la photographie à l’école d’art et me suis ensuite spécialisé dans la photographie et le cinéma à l’université. J’ai commencé à travailler dans l’industrie du film après l’obtention du diplôme et mon premier emploi a été assistant producteur pour Ridley Scott. Cela semblait être un bon début, mais en fait, j’ai été licencié pour avoir monté les rushes de Alien à l’envers! Après cela, j’ai décidé de me lancer à mon compte en tant que photographe et suis allé tenter ma chance en Italie en 1982, où je suis resté depuis. 

alice

Labyrinth © Patrick Nicholas

Capture d’écran 2013-11-11 à 21.24.44

I started my own commercial portrait studio and then moved into fashion and then advertising. But I never neglected the more artistic side of photography and in fact started the Belle series back in 1988 and  adding to the portfolio ever since – my most recent image was taken a couple of weeks ago. The reason I started the Belle was because a friend entered me into a competition without my knowledge. It was for young painters so I thought that I would re-interpret a famous painting (La Morte de Marat by David) with a touch of irony. After the success of this venture – it won first prize – I continued with the idea although it has developed and changed over the years. One form of evolution is that in the beginning I was a studio photographer so many of the early pictures were taken indoors, whereas now I work mostly in the Italian landscape. That said, I do like to build a set and spend a lot of time researching and looking for the right details and objects to ‘dress’ the set.

J’ai commencé mon propre studio de portrait commercial, puis je me suis orienté vers la mode et de la publicité. Mais je n’ai jamais négligé le côté plus artistique de la photographie et j’ai commencé la série « Belle » en 1988 et continue ce portfolio depuis – mon image la plus récente a été prise il y a quelques semaines. La raison pour laquelle j’ai commencé « Belle » est qu’un ami m’a inscrit à un concours à mon insu. C’était adressé aux jeunes peintres, alors j’ai pensé à ré-interpréter une peinture célèbre (La Morte de Marat de David) avec une pointe d’ironie. Après le succès de cette expérience – j’ai gagné le premier prix – j’ai continué avec cette idée même si elle a évolué au fil des ans. Une des évolutions réside dans le fait qu’au début j’étais photographe de studio, donc nombre de mes premières photos ont été prises à l’intérieur, alors que maintenant, je travaille principalement dans le paysage italien. Ceci dit, j’aime construire une mise en scène et je passe beaucoup de temps à rechercher les bons détails et les bons objets pour habiller la scène.

web landscapes

Lilith © Patrick Nicholas

Capture d’écran 2013-11-11 à 21.24.07

I am most influenced by the photographer Edward Steichen and the Photo Secessionists, probably because when I was studying he was deeply unfashionable, as were the Pre-Raphaelite painters whom I also admired. I like photographers like Serge Lutens who start  carte blanche and build a picture from nothing. I would say that I am more influenced by painters than photographers. This is partly because of my art school background I suppose, but may also be  a result of living in Italy where one is surrounded by a lot of art. That said, I do admire advertising photographers most of whom are unknown to the general public, people like David Scheinmann, Nadav Kandar, Andreas Heumann, Giles Revell,  and others, some of whom I came across when I was a member of the Association of Photographers in London.

Je suis très influencé par le photographe Edward Steichen et les membres du mouvement PhotoSecession, probablement parce que quand je faisais mes études, il était vraiment démodé, tout comme les peintres pré-raphaélites qui j’admirais aussi. J’aime les photographes comme Serge Lutens qui commencent avec une page blanche et construisent une image à partir de rien. Je dirais que je suis plus influencé par les peintres que les photographes. C’est en partie gràce à mon parcours à l’école des arts, je suppose, mais peut également être dû au fait de vivre en Italie, où l’on est entouré par beaucoup d’art. Cela dit, j’admire les photographes publicitaires dont la plupart sont inconnus du grand public, des gens comme David Scheinmann, Nadav Kandar, Andreas Heumann, Giles Revell, et d’autres que j’ai découvert quand j’étais membre de l’Association des photographes à Londres.

Flying.Rio.PatrickNicholas

Flying © Patrick Nicholas

Capture d’écran 2013-11-11 à 21.14.28

WeLovePhoto – La série de photos dans votre livre: Pourquoi se lancer dans un tel projet ? Quel est votre message à travers ces photos? Votre source d’inspiration?

As I mention above I started more or less by accident and have just carried on. However, I think having a thread running through one’s work definitely helps an artist to pull himself along as it were. Especially in photography where we are in a way handicapped by our closeness to reality. The camera is after all a recording tool in a way that the brush and the pen are not. In the beginning the photographs were ironic twists on famous works of art that most people would recognise and get the joke or at least understand the irony. I could also use the original work of art to show my model (none of whom are professionals by the way and I never pay anyone!)  to reassure her and illustrate my ideas. As the Belle developed I found I was more and more often taking the picture first and then looking around for a work of art that was similar. Occasionally my pictures are not related to visual works of art at all, but are inspired by cinema, poetry, music or nature. I am especially interested by the relationship between science, psychology and mythology. 

Comme je l’ai mentionné ci-dessus, j’ai commencé plus ou moins par accident et j’ai juste persévéré. Cependant, je pense qu’avoir un fil conducteur aide un artiste à avancer. Surtout dans la photographie où nous sommes en quelque sorte handicapé par notre proximité à la réalité. L’appareil est après tout un outil d’enregistrement, ce qui n’est pas le cas d’un pinceau ou d’un crayon. Au début, les photographies étaient des parodies d’œuvres d’art célèbres et la plupart des gens reconnaissent le subterfuge ou du moins leur ironie. JeJ’ai aussi pu utiliser l’œuvre d’art d’origine pour la présenter à mon modèle (à propos, aucune d’entre-elle n’était professionnelles et je n’ai jamais payé qui que ce soit !) afin de la rassurer et d’illustrer mes idées. Concernant la série « Belle »,  j’ai trouvé que je prenais de plus en plus souvent d’abord la photo, puis je cherchais ensuite une œuvre d’art qui était semblable. De temps en temps mes photos ne sont pas liées à des œuvres d’art visuel du tout, mais sont inspirées par le cinéma, la poésie, la musique ou la nature. Je suis particulièrement intéressé par la relation entre la science, la psychologie et la mythologie. 

Klimtomania MrB.PatrickNicholas

Klimtomania © Patrick Nicholas

Capture d’écran 2013-11-11 à 21.15.29

WeLovePhoto – Votre expérience du livre: Pourriez-vous s’il vous plaît décrire en quelques mots votre expérience pour créer un livre? Critères de sélection des photos, de construction de l’ouvrage? Pourquoi L’auto-édition? Que recommandez-vous de faire avant de créer un nouveau livre?

My first book was produced by a Neapolitan firm that specialises in wedding albums and was not like a book at all more of an album with some text. Then when someone recommended Blurb in about 2008 I realised that one could make a real book for quite a reasonable price. I had a photography gallery until recently and I found that I could sell the books through the gallery at pretty much cost price – it doesn’t interest me to make a profit on the books, I just don’t want to lose money. I also sell them at exhibitions of my work.

Mon premier livre a été produit par une firme napolitaine qui est spécialisée dans les albums de mariage et n’était pas du tout un livre mais plutôt un album photo avec un peu de texte. Puis quand quelqu’un m’a recommandé Blurb vers 2008, j’ai réalisé que l’on pouvait faire un vrai livre pour un prix très raisonnable. J’avais une galerie photo jusqu’il y a peu, et j’ai trouvé que je pouvais vendre les livres via la galerie aux environs du prix de revient – çà ne m’intéresse pas de faire un profit sur ​​les livres, je veux juste ne pas perdre d’argent. Je les vends également lors de mes expos. 

primavera botticelli

Flora © Patrick Nicholas

Capture d’écran 2013-11-11 à 21.15.10

As I take new images I add them to the book, about three or four at a time, take down the old version from Blurb and sell the new. This means that each is a de facto limited edition: I have never sold more than ten copies of one edition. The first edition in 2007 had 22 pictures, the latest has 65. From this point of view self publishing has obvious advantages: the book can be added to regularly, the catalogue is constantly updated and each book is a limited edition which could, if one was well known enough, command high prices – I am still waiting on that one!

Lorsque je prends de nouvelles images, je les ajoute au livre, environ trois ou quatre à la fois, je reprend l’ancienne version sur Blurb et vend la nouvelle. Ceci signifie que chaque livre est de facto, une édition limitée: Je n’ai jamais vendu plus de dix exemplaires d’une édition. La première édition en 2007 avait 22 photos, la dernière en a 65. De ce point de vue, l’auto-édition a des avantages évidents: le livre peut être revu régulièrement, le catalogue est constamment mis à jour et chaque livre est une édition limitée qui pourrait, s’il devient assez connu, engendrer des prix plus élevés- Je l’attends toujours ! 

Ophelia.PatrickNicholas

Ophelia © Patrick Nicholas

Capture d’écran 2013-11-11 à 21.14.42

I also produce a small pocket sized version as a give away. It has less pictures and I print about 30 copies1 at a time. Blurb give discounts of course for bigger runs. It is worth doing the book in a square format if an author intends to produce different sizes: this way the size can be changed pretty much at the touch of a button, but one cannot go from large landscape format to small square. I often find that my models wish to buy a copy of the book and in this case I  may put in an extra picture or two of them taken from the same shoot. This way they have a de-luxe version specially made for them.

Je produis aussi une petite version de poche comme cadeau. Il y a moins de photos et j’en imprime environ 30 copies à la fois. Blurb accorde bien sûr des remises pour des plus grands volumes d’impression. Ca vaut la peine de faire le livre dans un format carré si un auteur a l’intention de produire différentes tailles: de cette façon la taille peut être changée en un peu près un clic, mais on ne peut pas modifier d’un grand format paysage à un petit format carré.

Je constate souvent que mes modèles souhaitent acheter un exemplaire de l’ouvrage et dans ce cas je peux y ajouter 1 ou 2 photos supplémentaires d’elles du même shooting. De cette façon elles ont leur propre version de luxe.

belle - pola

Phryne © Patrick Nicholas

Capture d’écran 2013-11-11 à 21.14.56

WeLovePhoto – Quelle est la prochaine étape: Quels sont vos prochains projets de photos? Des projets de nouveaux livres?

The Belle book goes on with the addition of about 5 pictures a year. I am in the process of making an ebook version. I also have another Blurb book Tuscia of landscape photos taken in this part of Italy which I hope will move from a self published book to a commercial publisher next year. The publisher saw the Blurb book and wants to do a bigger version with more pictures in both English and Italian.

Le livre « Belle » se poursuit avec l’ajout d’environ 5 photos par an. Je suis en train de faire une version ebook. J’ai aussi un autre livre Blurb « Tuscia » de photos de paysages prises dans cette partie de l’Italie et qui, je l’espère va passer d’un livre auto-édité à un éditeur commercial dès l’année prochaine. L’éditeur a vu le livre Blurb et veut faire une version plus grande avec plus d’images à la fois en anglais et en italien.

Peonia.PatrickNicholas

Pour plus d’info sur l’auteur : 

photo workshops:  www.cameraetrusca.com

portfoliowww.photonicholas.com

blog:  www.patricknicholas.wordpress.com

 

 

 

Peonia © Patrick Nicholas

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *