Focus sur Gaspard Walter, passionné de voyages et de photographie. Il est l’auteur de la collection
« Ticket To », dont le premier sur la Thailande, a été réalisé en collaboration avec Chloé Villaume. Un splendide livre qui a retenu toute notre attention !!
WeLovePhoto : Vous en tant que photographe et votre style: Quelle est votre expérience en photographie? Quand avez-vous commencé et pourquoi? Qui sont les photographes qui vous inspirent le plus? Quel matériel photo spécifique avez-vous utilisé pour réaliser cette série ?
J’ai toujours eu une passion pour l’image, la lumière, les couleurs et c’est assez naturellement que je me suis tourné vers la photographie, d’abord de façon classique pour des livres d’architecture et d’art de vivre et puis finalement en joignant la photographie à mon autre passion : le voyage. Pour mon inspiration, le premier nom qui me vient à l’esprit c’est Robert Polidori, son travail est exceptionnel. Il est l’un des rares photographes actuels à avoir compris que l’on n’est pas obligé de montrer de belles choses pour faire de jolies photos. J’admire sa manière d’aller chercher la beauté et les couleurs là où on ne les attend pas. Tout ça sans fioritures, de face : il pose ses cadres comme des tableaux. Il est également l’un des précurseurs de « l’exploration urbaine » qui explose en ce moment. Enfin, côté matériel, j’utilise un Canon EOS 7D ainsi que deux objectifs Canon : 15-85 mm et 50 mm. Je travaille sans flash et sans pied, ce qui me permet une meilleure souplesse dans des conditions de reportage.
WeLovePhoto : La série de photos dans votre livre: Pourquoi se lancer dans un tel projet (Ticket To)? Quel est votre message à travers ces photos? Votre source d’inspiration?
L’idée de ces livres est venue assez simplement : en tant que voyageur, je ne trouvais rien qui me plaise dans les librairies. La plupart des livres de voyage sont des livres « d’éditeur » c’est-à- dire une commande à un photographe ou un genre de « best of » de photos pour une destination que l’on pense populaire. Le problème de ces livres c’est qu’ils sont toujours trop lisses, souvent creux. Les plages sont désertes, les rues impeccables et tout le monde sourit. Moi j’avais envie d’une collection qui dise la vérité, les bonnes comme les mauvaises choses et je voulais que tout ça soit le plus complexe possible. En général les éditeurs insistent pour que les livres suivent une construction classique, pour que le lecteur comprenne facilement ce qu’il a entre les mains, mais pour Ticket to, je voulais le contraire : des livres chargés, compliqués, où l’on se perd, et qui demandent que l’on y revienne plusieurs fois. Autant que possible je voulais garder dans chaque volume la sensation du voyage, de l’aventure et pour ça il était important de ne pas prendre le lecteur par la main et de le laisser se perdre entre les pages. Enfin, je voulais m’éloigner des poncifs touristiques, de ce que l’on a déjà vu et que l’on verra encore. J’ai dans l’idée qu’un voyageur qui passe une semaine a Bangkok, si on prend l’exemple de la Thaïlande, retiendra moins le Grand Palais que les détails des rues, les trajets en taxis, les plats qu’il aura mangés et ce sont toutes ces choses-là que je voulais mettre en avant, loin devant les « cartes postales » de la destination.
WeLovePhoto : Votre expérience du livre: Pourriez-vous s’il vous plaît décrire en quelques mots votre expérience pour créer un livre? Critères de sélection des photos, de construction de l’ouvrage? Que recommandez-vous de faire avant de créer un nouveau livre?
C’est assez simple en fait. Il y a trois phases : la première dure de deux semaines à un mois et je m’en sers pour m’imprégner de la destination, pour « comprendre » le pays ou la ville avant de pouvoir en parler, je prends déjà des photos, mais surtout j’ouvre les yeux et j’écoute (c’était plus simple pour la Thaïlande où j’avais vécu trois ans). Ensuite vient la phase de reportage où j’enchaîne les prises de vues et j’emmagasine le plus de photos possible tout en prenant des notes pour les textes. Enfin vient le moment de rassembler le tout et c’est vraiment là que le livre prend vie. Il y a parfois des photos qui, seules, ne donnent pas grand-chose, mais qui une fois mise en rapport avec une autre ressortent tout à fait différemment. Il y a aussi les très belles photos qui ne trouvent pas leur place et qu’il faut supprimer. Le travail de mise en page, c’est le plus long et le plus frustrant et le plus compliqué. Un conseil ? Je dirais qu’il faut travailler chaque étape sans trop penser à la suivante, rester dans ce que l’on est en train de faire et surtout ne pas penser à la publication. Il faut d’abord travailler pour soi. Ensuite je conseillerais à un photographe qui a un projet de livre de se mettre à la mise en page, d’apprendre à utiliser Indesign, même de façon basique. Plus vous maitrisez les étapes de la création d’un livre, plus vous avez de chance que votre projet imprimé soit proche de ce que vous aviez en tête quand vous avez commencé à y penser.
WeLovePhoto : Quelle est la prochaine étape: quels sont vos prochains projets de photos? Des projets de nouveaux livres Ticket To?
La suite c’est Ticket to, un quatrième livre et puis… qui sait. Il est encore un peu tôt pour en parler, les choses devraient bouger cet automne. En attendant, je pense de plus en plus à exposer.
Sa bio :Gaspard Walter, 30 ans, est auteur-photographe. Tour à tour publicitaire, reporter et professeur de plongée, il a passé dix ans autour du monde. Il a collaboré, en tant que photographe, à de nombreux ouvrages, dont Voyages en Asie, Voyages en Méditerranée, aux éditions du Chêne ; Un certain goût pour l’Orient, chez Citadelles & Mazenod. Il est le concepteur de la collection « Ticket to » et a publié aux éditions de La Martinière Ticket to Thaïlande, en collaboration avec Chloé Villaume, Ticket to Vietnam et Ticket to New York.
Pour commander le livre : Ticket To Thailande


