Front de Mer, le livre d’Antoine Tatin

Capture d’écran 2014-06-10 à 15.10.39Antoine Tatin est un photographe autodidacte né en 1977 et originaire des Sables-d’Olonne. Photographe humaniste et paysagiste, il auto-édite son premier livre « Front de mer« , composé de superbes photographies des paysages littoraux qui lui rappel sa plus tendre enfance.  A travers ses images, on y ressent tant de la douceur, de la rêverie, et parfois de l’ironie. Antoine Tatin nous présente  des scènes de vie qui sortent vraiment de l’ordinaire ! La volonté de l’auteur est de retranscrire au mieux les atmosphères rencontrées lors de ses balades le long du littoral.

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WeLovePhoto – Vous en tant que photographe et votre style: Quelle est votre expérience en photographie? Quand avez-vous commencé et pourquoi? Qui sont les photographes qui vous inspirent le plus? Quel matériel photo spécifique avez-vous utilisé pour réaliser cette série ?

PhotodemoiJe suis auteur-photographe depuis 2006, et j’exerce la profession de photographe à titre exclusif depuis 2009. Je suis entré dans ce monde par le biais de la photo d’art, et progressivement, tout en menant un travail personnel (site web, expositions), je me suis formé à la photographie publicitaire et de portrait. J’ai aussi rejoint une agence photo de presse en 2011. 

J’ai donc acheté mon premier réflex numérique en 2005, à une époque où je ne m’épanouissais pas suffisamment dans mes études (thèse d’anglais pour devenir prof à la fac). J’avais alors une idée très confuse de ce que j’allais pouvoir faire avec cet objet. Mon expérience se résumait tout au plus à quelques bobines de famille et des photos de voyage réalisées avec l’ancien réflex Minolta de mon père (lequel prenait un certain plaisir à faire des photos, d’ailleurs). J’éprouvais en fait une grande curiosité, une forme de fascination pour l’objet, couplées à une profonde envie de créer, de laisser s’exprimer ma sensibilité en images. 

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Mes influences, elles sont diverses, et je crois, un amalgame de visions parfois très différentes mais qui ont en commun une force, une émotion contenue, et qui cultivent à la fois un humanisme et un art de la distanciation (formelle, ironique) . Parmi les « grands », j’aime Depardon, Ronis, Parr. J’aime aussi beaucoup certains jeunes photographes un peu moins connus (je pense notamment à Jean-Luc Bertini et à sa série sur la Crimée) et de manière plus large l’approche contemporaine française du paysage. Parmi mes influences, il y a aussi indéniablement la littérature (celle des Etats-Unis, que j’ai étudiée – Carson Mc Cullers, Faulkner,…), la peinture (les réalistes américains), et je dirais même la musique pop anglo-saxonne (la tonalité de REM, des Smiths, dont je me suis très imprégné du rythme, d’une certaine langueur).

La série présentée dans l’ouvrage a été entièrement réalisée avec un boitier numérique Nikon et un zoom 17-55. J’aime déambuler « léger », en grand marcheur que je suis.

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WeLovePhoto – La série de photos dans votre livre: Pourquoi se lancer dans un tel projet ? Quel est votre message à travers ces photos? Votre source d’inspiration?

J’avais exposé une partie de ces images à trois reprises (en 2008, en 2010 et 2011). Chaque nouvelle exposition était un peu la suite et le développement de la précédente. Puis j’ai pris un peu de recul, pour me rendre compte que ces photos valaient bien un livre, et que ce livre viendrait clore ce premier  cycle de mon travail, comme l’aboutissement d’une première étape de ma vie d’auteur ! J’ai pensé aussi que mes photos, dans leur cohérence, et aussi parce qu’elle possédaient selon moi une forme de littérarité, se prêtaient bien à l’objet livre, pour lequel j’ai toujours eu beaucoup d’admiration. C’était enfin une façon de les fixer sur un support une bonne fois pour toutes, d’échapper en quelque sorte au caractère éphémère des expositions.

Je ne sais pas si à travers ces images, je tente de véhiculer un « message ». C’est avant tout une sensibilité que j’exprime par leur biais. Je vois dans mes photos de la douceur, de la lenteur, de la contemplation, un peu d’amertume, un peu d’humour parfois. J’y parle peut-être un peu de la solitude ordinaire, de notre époque, tout en tentant d’y échapper un peu en créant des univers un peu suspendus, un peu rêvés, où le temps est comme étiré ; un peu de poésie en somme.

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WeLovePhoto – Votre expérience du livre: Pourriez-vous s’il vous plaît décrire en quelques mots votre expérience pour créer un livre? Critères de sélection des photos, de construction de l’ouvrage? Pourquoi L’auto-édition? Que recommandez-vous de faire avant de créer un nouveau livre?

J’ai d’abord été très attentif à la qualité, à la sélection et à la cohérence des photos. Par exemple, j’ai pris soin d’éliminer des photos qui avaient une colorimétrie moins pastelle, plus saturée. J’ai tenu aussi à prendre en compte les avis qu’elles avaient recueillis, tout en tenant à me faire confiance par rapport à des choix plus osés ou à des photos qui avaient fait moins l’unanimité sur les réseaux sociaux ou sites de photo. Ensuite, je les ai disposées dans un ordre globalement assez aléatoire, pensant qu’elles fonctionnaient de toute manière sur le mode de l’écho, de la variation dans la ressemblance. L’évolution du livre, de ce point de vue, traduisait bien le sentiment d’éternité, d’immobilisme, que chacun pouvait éprouver à la vue de chaque photo considérée individuellement. Comme une petite musique lancinante, une fugue polyphonique, où chaque voix est autonome et en même temps fonctionne sur un mode répétitif. J’ai toutefois fait très attention à la manière dont chaque double page se présentait, en faisant en sorte que deux images d’une même double page s’harmonisent dans la tonalité, la couleur et le contraste. C’est l’une des rares contraintes formelles que je me suis imposée.

J’avais déjà consulté de très beaux ouvrages édités sur Blurb. Je me suis dit que ce pourrait être une première belle étape avant de trouver éventuellement par la suite un éditeur. L’outil Blurb est riche en potentialités, l’impression est de bonne qualité, et l’auto-édition permet une liberté totale de choix, d’écriture et de sélection.

A tous ceux qui voudraient se lancer dans cette aventure passionnante, je leur recommanderais juste, au préalable, de rêver leur livre, de l’avoir presque conçu mentalement avant de se lancer dans la création technique. Une fois l’image de son propre livre formée plus ou moins précisément dans l’esprit, le reste est plus ou moins une formalité.

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WeLovePhoto – Quelle est la prochaine étape: Quels sont vos prochains projets de photos? Des projets de nouveaux livres?

Actuellement, je continue plus ou moins la longue série entamée (je ne sais plus qui disait que l’on passe sa vie à faire la même œuvre! Flaubert ?), avec quelques changements de forme et de tonalité aussi (format carré, couleurs plus chatoyantes, côté burlesque peut-être aussi plus appuyé). Certaines de mes images actuelles, plus dans l’esprit d’avant, s’inséreraient parfaitement dans une suite de Front de Mer. Mais je commence à me forger l’image mentale d’un prochain livre un peu différent, comme écrin à la série en cours et qui se développe de semaine en semaine.

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Présentation d’Antoine Tatin, auteur photographe :

Je commence à m’intéresser sérieusement à la photographie en 2005, avec l’achat d’un premier réflex numérique.  J’évolue alors en milieu urbain, à Nancy, et je suis très attiré par les lignes, les compositions architecturales rigoureuses. Je participe rapidement à un premier salon d’artistes où j’expose 5 images abstraites de mobilier urbain. Pendant cette période, je reviens de temps à autre aux Sables d’Olonne, la ville de mon enfance où j’aime particulièrement composer avec l’espace ouvert de la grande plage et un certain type de lumière. En 2008, en Lorraine, j’expose une première série de photographies monochromes & couleur ayant toutes pour sujet la plage et le front de mer des Sables d’Olonne. Les caractéristiques de mon travail actuel y sont déjà présentes : la solitude du promeneur de littoral y est montrée de façon poétique, graphique et parfois minimaliste. Je continue dès lors à associer regard urbain et regard littoral, et suite à mon retour en Vendée en 2009, je propose deux développements successifs à partir de la première série exposée en 2008 : en 2010 avec « Eloge de l’espace (de la plage) », et en 2011 avec « L’Espace comme un autre ». Après quelques années de travail et de recul, en 2014, j’auto-édite mon premier livre, Front de Mer, et je prépare un nouveau cycle d’expositions.

Pour en savoir plus sur Antoine : 
> Site web : www.antoinetatin.fr

> Site pro : www.at-photographie.com

> Blog : http://www.atatinphotographie.wordpress.com

> Page Facebook : https://fr-fr.facebook.com/pages/Antoine-Tatin-photographe-auteur/151028771578634

 

L’habitable inhabité en Alsace de Guillaume Romero

Comment répondre à une mission photographique pour découvrir un territoire quand celle ci Capture d’écran 2014-05-12 à 22.38.24est lancée à soi-même ? Contrainte ou liberté ? C’est pourtant ce défi qu’a relevé Guillaume Romero en décidant de parcourir la région Alsace durant des mois.

Tel un archéologue de l’urbain, il est question à travers ce travail de montrer comment l’Homme agence ces petits espaces et ce qu’il en reste.

Véritable chasse au trésor, son expérience a permis de révéler la ville et ce que l’on oublie d’elle. Empruntant des chemins détournés voire cachés, ce jeune photographe s’est donné comme objectif à travers ce répertoire photographique, de mettre en lumière une multitude de constructions qui inévitablement témoignent de l’activité de l’Homme et de son Histoire.

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L’habitable inhabité est une collection de photographies d’architectures en tous genres, habitables ou pas, qui invite le regardeur à emprunter un chemin, celui de la rêverie du promeneur solitaire. Pris dans des ambiances étranges, dans des balades romantiques voire déroutantes il nous est révélé une face cachée de la ville d’Alsace loin de l’image idéalisée que l’on peut se faire de ce territoire riche situé au cœur de l’Europe. Une soixantaine de clichés du photographe dévoile l’espace urbain tel un décor de théâtre où le temps semble s’être arrêté…

Notre interview avec Guillaume Romero

WeLovePhoto – Vous en tant que photographe et votre style: Quelle est votre expérience en photographie? Quand avez-vous commencé et pourquoi? Qui sont les photographes qui vous inspirent le plus? Quel matériel photo spécifique avez-vous utilisé pour réaliser cette série ?

Artiste d’origine catalane, Guillaume Romero est diplômé des Beaux-Arts de Montpellier.romero_guillaume_portrait
Après avoir étudié le cinéma et notamment la question du décor, il se tourne vers la photographie.
Inspiré de la démarche de Gabriele Basilico pour ses reportages photographiques de villes et de paysages Guillaume Romero a répondu à sa propre « mission photographique » pour étudier des territoires urbains.
Les photographies sont réalisées avec un appareil photo numérique sur trépied de nuit en majorité afin de retranscrire des ambiances, lumières artificielles évoquant l’univers du cinéma. Actuellement enseignant, il travaille sur la question du territoire et de la ville, sa démarche se situe à la frontière de la photographie documentaire et plasticienne.

WeLovePhoto – La série de photos dans votre livre: Pourquoi se lancer dans un tel projet ? Quel est votre message à travers ces photos? Votre source d’inspiration?

En 2013, tel un «archéologue de l’urbain», comme il se caractérise, il entreprend un inventaire des architectures et constructions de la région Alsace. Mon voyage m’a permis de constituer un répertoire d’architectures reflétant un phénomène d’accumulations de constructions insolites (formes, matériaux) On y perçoit aussi le sort qui leurs a été réservé au fil des années dans une urbanisation galopante et une mutation rapide des villes. Entre Histoire des Guerres Mondiales, architectures contemporaines, bâtiments culturels, résidentiels, industriels, toutes les constructions que j’ai inventorié dévoilent une diversité esthétique.

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WeLovePhoto – Votre expérience du livre: Pourriez-vous s’il vous plaît décrire en quelques mots votre expérience pour créer un livre? Critères de sélection des photos, de construction de l’ouvrage? 

Ce projet est un surprise. Je souhaitais réaliser un livre photo sur ma démarche pour en faire un Book et le présenter à des galeries, des concours, pour me présenter.

Pour le financer j’ai demandé des aides à la Drac Alsace mais sans réponses favorables.
J’ai donc pensé à internet. Le projet une fois posté sur Mymajorcompany.com à été objet de curiosité dans la région, article de journaux, web , papier, radio, télévisions locales. Ce fut une sorte de « buzz » car je valorisais la région mais aussi je présentais au grand public une manière de financer un projet culturel.
Le budget de 3000€ dépassé j’ai attends par contrat et sponsoring une somme de 7000€ grâce à des mécènes et un soutien symbolique de la région m’accordant un logo Alsace sur le livre.
J’ai donc pu travailler avec des graphistes. j’avais une idée précise du projet. Format carré pour épouser le carré des photos. 60 photographies furent sélectionnées sur 300 photographies.
Une traduction en anglais, allemand et même Alsacien ont pu être faites et une belle couverture cartonnée.

WeLovePhoto – Quelle est la prochaine étape: Quels sont vos prochains projets de photos? Des projets de nouveaux livres?

Pour la suite je prépare un Tom II du livre , L’Habitable inhabité en Nord-Pas De Calais car ma démarche se poursuit dans cette nouvelle région où je me suis établi pour des raisons professionnelles. J’envisage de travailler avec un auteur.
J’ai comme objectif de faire un livre « Made in Local » (imprimeur, graphistes, auteur, libraire)
Déjà plus de 60 photographies ont été sélectionnées sur mon site internet…

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Témoignage d’Olivier Remualdo, auteur du livre  » Sâdhus « 

Olivier Remualdo, photographe français passionné de la rencontre humaine, nous témoigne 9_O_Remualdo_bassedefde son expérience de l’auto-édition et de son parcours unique de la conception de son livre « Sâdhus » à la création de sa propre maison d’édition.

WeLovePhoto – Vous en tant que photographe et votre style: Quelle est votre expérience en photographie? 

Comme beaucoup, je suis arrivé à la photographie par des chemins détournés. Je me définis comme un autodidacte et, si cette passion m’anime depuis l’enfance, ce n’est qu’à 27 ans que j’ai vraiment décidé d’en faire mon métier. C’est en 2005, à l’issue de mon premier voyage en Inde, que je me professionnalise en adhérant à l’Agessa. A mon retour, j’anime sur Nice TV la chronique photo du magazine Cultures Nice dont l’objet est d’illustrer la ville de Nice en images. Ma première chronique me vaudra d’exposer ma série « Mamac Walk » au Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain de Nice.
En 2006, je réalise mon premier projet d’envergure en collaboration avec l’artiste plasticienne Sab Ji. Nous avons parcouru le nord du sous-continent indien durant 6 mois afin de réinterpréter au travers des rencontres et de la mythologie indienne le cours du fleuve Sarasvati, un fleuve mythique aujourd’hui disparu. Ce projet sera finaliste de la première édition de la bourse du voyageur Lonely Planet et lauréat d’un Défi Jeunes. Fujifilm France, la Caisse d’Epargne, Lonely Planet, la ville de Cannes seront partenaires du projet.

L’année 2009 commence avec un nouveau voyage en Inde. J’y réalise une série de portraits de buveurs de thé dans les rues de Bénarès et surtout les premières images du projet Sâdhus avec mon ami photographe JC Ecrement. Ces dernières années, j’ai réalisé de nombreuses expositions parmi lesquelles : « Mamac Walk » au Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain de Nice, Sarasvati Déesse des Arts au Musée des Arts Asiatiques de Nice, « Vive (la) République! », une expo outdoor en très grand format réalisée avec la ville de Cannes. Mon travail a également été présenté à l’Espace Pierre Cardin à Paris, au Musée de la photographie de Mougins et dans des festivals.

J’ai obtenu plusieurs prix photo, notamment pour la série Sâdhus qui a été récompensée par le « Prix Lucien Clergue » en 2011 et le « Grand Prize Winner » au « Best Blurb Book Contest » en 2009 à San Francisco.

En Novembre 2013, je publie mon livre : « Sâdhus« . Il s’agit de ma deuxième publication après « Vive (la) République ! », un ouvrage édité par la Ville de Cannes. Je vis et travaille sur la Côte d’Azur. Je partage mon activité entre prises de vues commerciales et projets artistiques personnels.

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weLovePhoto – Quand avez-vous commencé et pourquoi?  

Pour l’anecdote, j’ai eu mon premier appareil photo lors de ma communion : c’était un compact Canon argentique. C’est vers 14 ans que je développe mes premiers films noir et blanc avant de m’intéresser sérieusement au labo argentique quelques années plus tard. Adolescent, je photographiais mon quotidien, celui de ma famille, de mes amis. Je ne croyais pas pouvoir en vivre et je n’avais pas de photographe dans mon environnement proche. J’ai donc écouté les phrases du type « c’est difficile de vivre de sa passion ». Disons que je n’avais pas confiance en moi… J’ai donc passé un bac Scientifique. Ne sachant que faire après, je me suis inscrit en fac de géographie puis j’ai fait des études de commerce. Diplômé, je me suis inscrit en fac d’Art Plastique à Paris VIII au département Photographie mais la fac n’était pas pour moi et je n’ai pas continué au delà du DEUG. Ensuite, il a fallut travailler, ce que j’ai toujours fait étant donné la passion coûteuse qu’est la photographie. Finalement, la « révélation » m’est venue en 2004 au cours d’un voyage de 6 mois en Inde. Celui-ci devait durer deux mois et je l’ai prolongé autant que je le pouvais.

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WeLovePhoto – Qui sont les photographes qui vous inspirent le plus?

Je dois concéder que mes références en arrivant à Paris VIII pouvaient faire sourire mes profs : je me suis toujours senti proche des photographes humanistes et je ne manquais pas de me référer à Cartier Bresson et Doisneau. Pour les plus contemporain, Reza et Sebastao Salgado. Steeve Mc Curry, Eric Valli et Olivier Folmi pour les photographes voyageurs. Cette période universitaire aura eu le grand intérêt de m’ouvrir des champs inconnus sur la photographie plasticienne et conceptuelle. Je pense que ma première gifle photographique a été la découverte du travail de Michael Ackerman sur Bénarès : « End Time City ». Pour en citer d’autres il y a le travail de Fazal Sheikh sur les veuves de Vrindavan, « Le Don » de Giorgia Fiorio, les travaux de Pieter Hugo sur l’Afrique, les portraits au daguerréotype de Quinn Jacobson, l’étrange japon de Daido Moriyama et bien entendu la série « In the American West » de Richard Avedon… J’ai récemment rencontré Sabine Weiss lors d’une exposition commune à Cogolin et je me suis réellement senti petit à côté de cette grande Dame de la photographie. Elle appartient à la génération de Doisneau et de Willy Ronis mais quelle fraicheur et surtout quelle belle personne.

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WeLovePhoto – Quel matériel photo spécifique avez-vous utilisé pour réaliser cette série ?

La série Sâdhus a débuté en février 2009 et je ne disposais pas encore d’un réflex plein format. C’est donc avec mon Nikon D300 que j’ai réalisé ces images. Je me suis limité à l’emploi d’un seul objectif : un 50mm F1,4. Les avantages de ce couple boîtier/objectif sont nombreux. Tout d’abord la légèreté et la compacité, je n’aime pas les dispositifs trop impressionnants. Ce dernier doit être un trait d’union entre le sujet et le photographe, alors autant éviter le superflu. De plus, au format DX, en raison de la taille du capteur, le 50mm devient l’équivalent d’un 75mm en plein format. C’est-à-dire une excellente focale de portrait, extrêment piquée. L’avantage est qu’en équivalent plein format, le 85mm F1,4 est cinq fois plus cher et la mise au point à 85cm du sujet ne permet pas certains close-up sur les visages ou les mains par exemple. La distance de mise au point pour l’objectif nikkor 50mm F1,4 est de 50cm seulement.

Le fond photographique est fabriqué sur place avec les moyens du bord à l’aide de tissu, de bois, de ficelle et de pincettes de maçon. L’ensemble des images sont réalisées à l’ombre et en lumière naturelle. Ce studio photo nomade m’a permis d’aller à la rencontre des Sâdhus et de réaliser les images sur le lieu même de mes rencontres. J’ai toujours été assisté par un ami qui m’aidait en tenant le fond quand il n’y avait pas de mur sur lequel s’appuyer par exemple. J’ai également emmené un reflecteur qui m’a davantage servi à obtenir l’ombre souhaitée en masquant la lumière directe qu’à déboucher les visages.Capture d’écran 2014-04-27 à 18.59.36

WeLovePhoto – La série de photos dans votre livre: Pourquoi se lancer dans un tel projet ?

La série a été réalisée lors de trois voyages en Inde entre 2009 et 2011 dans les cités saintes de Bénarès, puis d’Haridwar (dans le cadre de la Maha Kumbh Mela – le plus grand rassemblement religieux au monde) et enfin, sur l’île sacrée d’Omkareshwar.

Voilà des années que je m’intéresse à la dimension spirituelle et mythologique de l’Inde au travers de projets photographiques, je privilégie toujours la rencontre au dispositif technique. Cette série est née du désir de montrer ces individus qui ont fait le choix d’une voie différente, que l’on peut croire inverse à la marche du monde. Je les ai côtoyés sans les idéaliser et dans le respect de leur quête de sagesse, sagesse dont j’essaie de saisir l’essence. Bien que peu d’ouvrages leur soient consacrés, les sâdhus sont très photographiés et sont devenus des icônes de l’Inde contemporaine et touristique. J’ai constaté qu’ils étaient systématiquement représentés dans le contexte du quotidien ou du rituel. J’ai donc orienté mon travail vers une logique de studio, afin de faire passer l’environnement immédiat du sujet dans le hors champ.Capture d’écran 2014-04-27 à 18.59.47

WeLovePhoto – Quel est votre message à travers ces photos? Votre source d’inspiration?

J’ai une très belle histoire d’amour avec l’Inde. Ce pays est pour moi une véritable synthèse de l’humanité. Certes, on y trouve le pire mais surtout le meilleur.

Il y a également ce que l’on pourrait appeler ma quête personnelle : Il est vrai que j’aurais pu être diplômé d’une école de commerce et faire tout autre chose aujourd’hui… Ma rencontre avec l’Inde a été déterminante dans mes choix et j’essaie de partager un peu de cette sagesse indienne qui m’a tant inspirée à travers mes images et par l’écriture. Dans le livre, je raconte des histoires de rencontres, des chemins de vies, des anecdotes. Les textes et la mise en page sont très importants car je ne voulais pas que le livre soit un simple catalogue d’images comme il en existe tant.

Dépouiller ces portraits de leur aspect « pittoresque » met en relief la singularité de l’individu et recentre le spectateur sur leurs regards. Ce dernier est alors en face à face avec le sujet, et s’il y est disposé, avec lui-même…Capture d’écran 2014-04-27 à 18.59.57

WeLovePhoto – Votre expérience du livre: Pourriez-vous s’il vous plaît décrire en quelques mots votre expérience pour créer un livre?

Dans la conception de mon livre, les prises de vues ne représentent qu’une petite part de la globalité du projet. Si les voyages s’échelonnent sur trois années, chaque phase de prises de vues n’a représenté que trois semaines à un mois maximum.

Le prix Blurb obtenu en 2009 a été un incroyable encouragement à continuer le projet. Néanmoins, il m’aura fallut beaucoup de volonté et d’abnégation pour aboutir au livre. En tant que photographe, à un moment donné la question se pose : faut-il investir son temps et son argent dans de nouveaux projets ou bien en finaliser un jusqu’au bout?

Dans cette aventure on en vient assez rapidement à tout faire soi-même pour des raisons évidentes de moyens financiers et matériels. Je me suis donc découvert webdesigner, graphiste, chromiste, maquettiste, attaché de presse, éditeur, commercial,… Sans parler du travail de distribution que j’évoquerai plus loin…Mener à bien un projet d’édition coûte non seulement très cher mais demande beaucoup de temps.

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WeLovePhoto – Quels sont les critères de sélection des photos, de construction de l’ouvrage?

 Avant d’aboutir à la maquette finale, il y a eu plusieurs versions du livre. Finalement, j’ai décidé de repartir de zéro lorsque j’ai réalisé la version définitive.

J’ai souhaité une mise en page simple et dynamique : J’ai alors créé 5 à 6 feuilles de styles ainsi que quelques variantes.

Dans le cadre du projet, plus de 110 Sâdhus ont été photographiés puis interviewés. J’avais à cœur de mettre en avant les plus belles rencontres en racontant ces histoires. Les textes ont pris beaucoup d’importance dans la version finale et viennent rythmer la mise en page. Il y a également une quinzaine de citations de sagesse indienne soigneusement choisies. J’ai voulu faire de ce livre un bel objet de partage, c’est pourquoi celui-ci est bilingue français/anglais.
J’ai sciemment écarté certaines bonnes images de la sélection car je voulais préserver l’équilibre de la maquette. Celle-ci devait donner l’envie au lecteur de lire jusqu’au bout mais aussi, lui suggérer plusieurs lectures possibles : images seules, textes seuls, les deux associés…

La préface de mon livre est signée par Patrick Levy. Ecrivain des spiritualités du monde il est l’auteur de «SÂDHUS, Un voyage initiatique chez les ascètes de l’Inde ». Suite à la lecture de son roman, j’ai absolument tenu à le rencontrer. C’est ainsi qu’est née la préface de mon livre et que Patrick est devenu un ami. Il faut oser frapper aux portes !4_Sâdhus_Livre_Remualdo_bassedef

WeLovePhoto – Pourquoi L’auto-édition?

Je souhaitais trouver un éditeur mais il est déjà extrêmement compliqué d’arriver à rencontrer une personne physique. J’ai compris que de réaliser des maquettes à plus de 100 euros pièce sur internet pour envoyer aux différentes maisons d’édition ne porterait pas ses fruits. Même si l’on m’éditait, cela me permettrait tout juste de prétendre à 5 ou 10% des ventes sans parler du risque de voir mon travail dénaturé par leurs choix éditoriaux.

C’est assez naturellement que j’ai entrepris de créer ma maison d’édition et d’éditer moi même mon livre. C’est la raison pour laquelle l’année 2012 a été consacrée à des travaux commerciaux afin de disposer de suffisamment d’argent. En 2013, j’ai lancé sur la plateforme Kisskissbankbank le projet en financement participatif. La campagne a été un grand succès puisque j’ai doublé mon objectif de collecte, sans parler des souscriptions perçues en direct.

Je me suis également beaucoup renseigné en présentant ma maquette de livre à des gens du monde de l’édition, des artistes ou des photographes. Cette étape a été déterminante puisque le format du livre est passé de 30x30cm à 22x22cm. C’est ainsi que j’ai opté pour un format plus petit et compris la nécessité d’en faire un bel objet qui soit le plus personnel possible. J’ai écris des textes d’accompagnement afin que le livre ne soit pas un simple catalogue d’images. Bien entendu, j’ai moi-même réalisé la maquette.

Dans un marché de l’édition en crise, la prise de risque doit être minimale et l’ouvrage doit s’adapter à un contexte général difficile où le nombre de titre se multiplie. J’en ai malgré tout fait imprimer 1200ex dont 100 en série numérotée et signée, ce qui est beaucoup pour un premier ouvrage. Le succès de la souscription m’a permis de faire imprimer le livre en France, ce qui a un réel surcoût. J’ai choisi l’imprimerie Escourbiac à Graulhet près de Toulouse. Tout d’abord parce qu’il s’agit d’une entreprise à taille humaine avec une grande qualité d’écoute et d’accompagnement mais aussi parce que cette entreprise est très connue dans le monde de la photo. Pour les noir et blanc, ils proposent de magnifiques impressions en bichromie. Une fois le livre terminé, j’ai réceptionné deux énormes palettes de cartons, soit une tonne de livre ! C’est dans la distribution que se situe le vrai challenge du livre auto-édité. J’ai réussi à le faire référencer à la Fnac mais il faut savoir que c’est à l’éditeur (moi en l’occurrence) de démarcher les magasins Fnac un par un pour qu’ils commandent le livre. L’ouvrage est sorti en novembre 2013. Je me suis alors lancé dans une course contre la montre pour construire un réseau de distribution et organiser des séances de signatures avant Noël.

Autant dire Je n’ai pas eu de jours de repos entre le travail de mise en page et d’écriture du mois d’aout 2013 et la fin décembre.1_Sâdhus_Livre_Remualdo_bassedef

WeLovePhoto – Que recommandez-vous de faire avant de créer un nouveau livre?

– De bien réfléchir à son projet et à ses motivations car faire un livre est un véritable parcours du combattant qui peut également s’avérer être un gouffre financier.

– Il ne faut pas hésiter à se remettre en question, surtout si une première maquette existe déjà : parfois le fait de tout reprendre à zéro peut être une solution.
– Il faut être le plus objectif possible. Vous n’allez pas éditer 3000 exemplaires de votre livre s’il sort cinq livres par an sur la même thématique. Si le sujet est largement traité en édition, qu’est-ce que votre livre apporte de nouveau ?
– Souvent, les travaux les plus sincères qui ne sont pas réalisés dans une optique mercantiliste trouvent leur public.
– Un tirage de 500ex est déjà un projet ambitieux ! Réaliser une petite série de 100 ou 200 peut-être une bonne solution qui permet de se faire connaître et évite le stockage et les coûts de distribution.
On ne fait pas un livre pour faire de l’argent, même si l’on vend tout, on ne touche pas de salaire sur le temps passé, les marges des distributeurs sont de 35% en moyenne et jusqu’à 40% voire 50% pour les grands groupes… Vendre son livre en direct est une bonne solution mais demande encore davantage de temps et nécessite d’être vu par le public.

– Attention au tarif de vente de votre livre. Trop cher, il ne se vendra pas et s’il ne l’est pas assez, vous pourriez y être de votre poche.
– Imprimer à l’étranger peut être une solution même si je ne la recommande pas. S’il est vrai qu’il y a également de très bons imprimeurs en Espagne et en Italie, pensez tout de même aux frais liés au voyage sur place, aux problèmes de communication avec les techniciens dont vous ne parlez pas la langue, à l’acheminement des livres de l’étranger jusqu’à votre lieu de stockage. Et puis surtout, qu’en est-il si votre travail est mal imprimé? La déception sera immense mais il sera trop tard !
– Si je dois rééditer demain, je choisirai le même imprimeur.

– Renseignez-vous également sur l’ISBN et le dépôt légal.5_Sâdhus_Livre_Remualdo_bassedef

WeLovePhoto – Quelle est la prochaine étape:  Quels sont vos prochains projets de photos?

Une fois le livre en vente, j’aurais envie de dire qu’il faut encore l’accompagner comme on élèverait son enfant. Je me trouve encore dans cette dernière phase. Je me pose également la question de la réédition car le livre a très bien marché en très peu de temps. Je dirais qu’à ce stade, il faut savoir si l’on veut être éditeur ou photographe. Faire un livre demande beaucoup de temps même si celui-ci est une réussite en terme financier et ce temps accordé au livre éloigne de l’appareil photo et des voyages…

Par ailleurs, j’ai plusieurs idées de projets. Tout d’abord sur des thématiques locales car j’estime que voyager, c’est avant tout une manière de voir. Nous avons des trésors à découvrir dans notre quotidien que nous ne voyons pas par manque de présence ou du simple fait de l’habitude. Je ne peux malheureusement en dire plus car les séries en projet ne sont pas encore débutées…

Je souhaite également continuer à m’intéresser au portrait autour des questions de la spiritualité et de l’individu. J’aime bien l’idée de dégager l’universel et la singularité de l’individu au travers d’un travail sur la religion, le spirituel voire le mystique. Il n’y a pas que les sâdhus… Des destinations ? Pourquoi pas les Chamans de Sibérie ou d’Amérique du Sud. Les soufis dans le monde musulman.2_Sâdhus_Livre_Remualdo_bassedef

WeLovePhoto – Des projets de nouveaux livres?

En 2011, j’ai réalisé un voyage de 600km à pieds en solitaire dans l’Himalaya afin d’aller plus loin dans ma démarche. Je suis parti de Rishikesh pour rejoindre les sources du Gange. J’ai voyagé avec les Sâdhus rencontrés en chemin, dormis dans des ashrams et parfois à la belle étoile. Les images issues de ce voyage pourraient bien faire l’objet d’un nouveau livre, la série s’appelle « Yatra » (pèlerinage en hindi).

J’ai également une autre maquette de prête avec ma série « Street Masala » sur les buveurs de thé de Bénarès. Je me répète mais faire un livre éloigne de l’appareil photo et des voyages…

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BIO :

Olivier Remualdo, 36 ans, est un photographe autodidacte passionné, un amoureux de l’Inde et des belles rencontres. Après des études de commerce à Cannes et d’Arts Plastiques à l’université Paris VIII, il commence à voyager en Europe, en Amérique et en Asie. C’est en 2004 qu’il se rend en Inde pour la première fois, une véritable révélation pour le photographe qui depuis, n’a de cesse d’y retourner.

Il est l’auteur du livre « Sâdhus, les hommes saints de l’hindouisme ».
Le regard photographique d’Olivier Remualdo nous entraîne vers une série de portraits atypiques, profonds et fascinants. Réalisés entre 2009 et 2011, ces portraits de Sâdhus ne se limitent pas au simple catalogue d’images. Il s’agit d’anecdotes et de récits de rencontres fondés sur des échanges véritables, le reflet d’une expérience authentique où il a su créer des liens avec des êtres au mode de vie si différent du notre et dont le quotidien est tourné vers la spiritualité. Ils lui ont offert de capter leurs regards et leurs attitudes, avec la promesse désormais accomplie de les partager au retour du voyage. Olivier Remualdo est également l’auteur de l’ensemble des textes auxquels il a associé des citations de sagesse indienne.

Cet amoureux du noir et blanc a toujours placé l’humain au cœur de ses préoccupations. Il a présenté ses travaux à l’Espace Pierre Cardin à Paris, au MAMAC et au Musée des arts Asiatiques de Nice, ainsi que dans de nombreuses expositions.

Le projet Sâdhus été primée à plusieurs reprises : la première maquette du livre a été élue « Grand Prize Winner » au « Best Blurb Book Contest » (USA) dans la catégorie voyage (2009). Olivier Remualdo a été récompensé par le prix Lucien Clergue 2011 dans le cadre du Sept Off à Nice.

 

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Sâdhus, Les Hommes Saints de l’Hindouisme rencontrés par Olivier Remualdo

Couv SadhusLe regard photographique d’Olivier REMUALDO nous entraîne vers une série de portraits atypiques, profonds et fascinants. Ces portraits de Sâdhus ne se limitent pas au simple catalogue d’images. Il s’agit d’anecdotes et de récits de rencontres fondés sur des échanges véritables, le reflet d’une expérience authentique où il a su créer des liens avec des êtres au mode de vie si différent du nôtre, dont le quotidien est tourné vers la spiritualité. Ils lui ont offert de capter leurs regards et leurs attitudes. A travers cet ouvrage, Olivier REMUALDO honore sa promesse de les partager au retour de ses voyages.

Capture d’écran 2014-04-27 à 18.55.12Débuté en 2009, le projet Sâdhus est un travail au long cours : trois voyages furent nécessaires au photographe français autodidacte pour réaliser cette galerie de portraits de moines errants hindous. En Hindi, le terme Sâdhu signifie littéralement saint homme. Ces ascètes aspirent à l’éveil spirituel en se détachant du monde matériel. On estime leur nombre à plus de 5 millions en Inde. La spécificité de son approche est de se différencier de la représentation pittoresque généralement faite de ces hommes. Olivier Remualdo les photographie sur le lieu même de ses rencontres, à l’aide d’un fond de studio photo artisanal fabriqué sur place. Par ce procédé, il souhaite offrir au spectateur la possibilité de poser un regard centré sur l’individu, en dehors des codes visuels établis…

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Au cours de ces trois voyages plus de 110 Sâdhus ont été photographiés et interviewés, des centaines rencontrés… La démarche d’Olivier Remualdo se veut la plus sincère possible. On ressent à travers les images de son livre Sâdhus qu’il s’agit bien de véritables rencontres et du désir de partager cette sagesse indienne au travers cette magnifique série de portraits.

Le livre Sâdhus a été lauréat du « Grand Prize Winner » au Blurb Best Book Contest.

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Pour plus d’info sur l’auteur :

Pour acheter le livre  : 

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Publier un livre en auto-édition, partie 3

Midi 20, par Thomas K.Publier un livre en auto-édition, tel était le défi que je m’étais lancé il y a quelques mois, avec pour objectif de rassembler des photos d’Instagram autour du thème « ce qui me fait sourire ».

Je me suis naturellement tourné vers Blurb suite aux nombreux commentaires des auteur précédemment interviewés sur Welovephoto. J’ai entré les données de mon compte Instagram, chargé toutes mes photos et j’ai commencé à les ordonner pour harmoniser les couleurs et chercher une cohérence tonale ou de composition, ce qui a donné les couples suivants:

Midi 20, par Thomas K.

 

Midi 20, par Thomas K.

Midi 20, par Thomas K. Midi 20, par Thomas K. Midi 20, par Thomas K. Midi 20, par Thomas K.

C’était sympa, mais ça manquait de punch et d’intérêt. J’ai essayé de changer les photos, d’alterner les dominantes, mais l’impression globale restait la même. Il manquait une histoire.

C’est alors que j’eu une idée: l’histoire que ces photos racontaient, c’était ma vie. Alors pourquoi ne pas les mettre en scène, avec comme fil conducteur la chanson de Midi 20, de grand Corps Malade. M’inspirant des paroles, j’ai commencé alors à réorganiser mes images pour que les phases de ma vie suivent les phases de la journée, tout en intégrant des photos prises sur la route pour accentuer l’effet du temps qui passe et de mouvement.

J’était parti: quelques textes pour donner quelques clés aux lecteurs, des changement de formats pour accentuer le rythme, et quelques minutes plus tard je parvenais au résultat suivant:

 Pour ce premier livre, j’ai été vraiment séduit par la simplicité, la rapidité et l’ergonomie de l’outil de Blurb pour mettre en page mon ouvrage. C’est bien simple, j’ai n’ai pas été focalisé sur la maîtrise (ou l’apprentissage) de l’outil de création de livre comme souvent dans pareille circonstance, mais sur ma démarche artistique.
Une fois le livre terminé, il est très facile de procéder à une commande et, ce qui est tout à fait génial, de mettre son livre en vente, avec différentes options en terme de qualité de papier et de couverture, ainsi que la possibilité de définir une marge. Bref, une excellent expérience sur laquelle je reviendrai dans un prochain article, parce que je crois vraiment important de réaliser que créer un livre photo est vraiment devenu à la portée de tous. J’ai mis 4 heures au total pour le mien, y compris 1 heure de relecture et modifications.
Voilà, ce premier défi est terminé, alors j’attends vos commentaires: qu’en pensez-vous?

Interview de Vanda Ralevska, auteur de « From London with Love »

VR_Portrait-01Interview de Vanda Ralevska, auteur de « From London with Love« ,  nous a fait le plaisir de répondre à quelques questions qui vous permettront de mieux le connaître et de comprendre sa démarche.

Traduction de l’interview,  l’interview orignal se trouve plus bas.

WeLovePhoto – Vous en tant que photographe et votre style: Quelle est votre expérience en photographie? Quand avez-vous commencé et pourquoi? Qui sont les photographes qui vous inspirent le plus? Quel matériel photo spécifique avez-vous utilisé pour réaliser cette série ?

Je suis passionnée par la photographie depuis mon adolescence. Mais le moment décisif a été mon déménagement en Angleterre. C’est le moment où la photographie est devenue partie intégrante de ma vie. Je suis très chanceuse de pouvoir vivre et travailler dans ce pays fantastique. J’aime découvrir et capturer sa beauté unique, que ça soit en ville, à la mer, dans les montagne ou la campagne. Même si c’est pour la mer et ses différentes humeurs que je suis la plus passionnée.

Il y a beaucoup de photographes dont j’admire le travail et ça serait très difficile de les nommer tous. Mais mon préféré est jan Sudek, qui est un pour moi un maître de la lumière. Il arrive toujours à capturer l’essence de chaque sujet qu’il photographie.

J’utilise des appareils de photos Nikon: un Nikon D800 pour mes payasages et un Nikon D610 pour la photographie de rue.

WeLovePhoto – La série de photos dans votre livre: Pourquoi se lancer dans un tel projet ? Quel est votre message à travers ces photos? Votre source d’inspiration?

Les rues sont une source infinie d’inspiration. En prenant votre temps, vous allez soudain voir des choses magnifiques se produire autour de vous. Ce livre est un récit personnel de Londres comme je l’ai vécu au cours des mes ballades à travers ses rues. C’est à propos de moments qui surviennent souvent en une fraction de seconde. Ces moments sont continuellement créés par la vie, et s’évanouissent constamment, pour ne jamais plus réapparaître. C’est aussi à propos de ces errances sans fin au gré des rues et de joie qu’on retire de inattendu.

WeLovePhoto – Votre expérience du livre: Pourriez-vous s’il vous plaît décrire en quelques mots votre expérience pour créer un livre? Critères de sélection des photos, de construction de l’ouvrage? Pourquoi L’auto-édition? Que recommandez-vous de faire avant de créer un nouveau livre?

From London With Love est mon premier livre. J’ai opt pour l’auto-édition parce qu’elle me donne la liberté de choisir la mise en page et les images que je veux. Le site de Blurb et leur outil Booksmart sont très faciles à utiliser. Une fois que vous tenez votre histoire, vos images et vos mots, vous pouvez créer un livre en très peu de temps.

A mon avis, commencer un livre demande d’avoir de la passion pour ce que vous faîtes. Choisissez un thème qui est proche de votre cœur. Sélectionnez les images les plus fortes, et rappelez-vous que « less is more ». Ne surchargez pas vos pages. Donnez-leur suffisamment d’espace et de respiration. Laissez-les parler d’elles-mêmes. Laissez-les raconter leurs histoires aux lecteurs.

WeLovePhoto – Quelle est la prochaine étape: Quels sont vos prochains projets de photos? Des projets de nouveaux livres?

J’aimerais créer plus d’images de Londres cette année. J’ai démarré une nouvelle galerie appelée « quand il pleut » sur mon site http://mylenscapes.co.uk/when-it-rains. J’aimerais l’étoffer et compiler le meilleur de mon travail dans un nouveau livre.

D’un autre côté, j’ai aussi prévu de passer plus de temps dans des endroits  calmes pour créer des images plus zen, parce que je me retrouve le plus dans le silence et la solitude. Mon moment préféré de la journée est tôt le matin, avant l’aube. Le temps où le monde environnant émerge des rêves, et un nouveau jour trouve son chemin à travers la nuit. Ce sont des moments précieux que je souhaiterais capturer plus souvent.

Retrouvez Vanda Ralevska sur son site : www.mylenscapes.co.uk

Voici l’interview original:

WeLovePhoto – Could you tell us more about you as a photographer and your style: what’s your background in photography? When did you start and why? Who are the photographers who inspire you the most? What specific material did you use for this photo set?

I have been passionate about photography since my teenage years. However the most decisive moment on my journey was my move to England. That was the moment when photography became an inseparable part of my life. I consider myself very lucky that I can live and work in this amazing country. I love discovering and capturing its unique beauty, wherever I happen to be; in the city, by the sea, in the mountains or in the coutryside. Though I have the biggest passion for the sea and its many moods.

There are many photographers, whose work I admire. It would be very difficult to name them all. However my most favourite one is Jan Sudek, who is to me a master of light. He always managed to capture the essence of every subject he photographed.

I use Nikon cameras, Nikon D800 for my landscape work, and Nikon D610 for street and travel photography.

WeLovePhoto – What’s the inspiration behind the photo set in your book: why did you start this project? What message did you want to convey? What inspired you?

Streets are an endless source of inspiration. If you can take your time, you will suddenly see some amazing things happen around you. The book is a personal account of London as I experience it on my wanders through its streets. It is about those moments that often happen in a split second. The moments that are continually being created by life, and are constantly vanishing, never to be seen again. It is about endless walks through the streets and taking joy from the unexpected.

WeLovePhoto – Could you tell us about your experience publishing books? What criteria did you use to select pictures and define the structure, etc.? Why self-publishing? What steps would you recommend others follow when creating a new book?

From London With Love is my first book. I decided for self-publishing because it gave me freedom to choose the layout and the images that I wanted. The Blurb website and their Booksmart software are very easy to use. Once you have your story, your images and words, you can create a book in no time.

In my opinion, to start a book you need to have passion for what you do. Choose the theme that is close to your heart. Select the strongest images, and remember, less is more. Do not clutter the pages. Give your pictures enough breathing space. Let them speak for themselves. Let them tell their story to the readers.

WeLovePhoto – What are your next steps: do you have any future photography or publishing projects in the pipeline?

This year I would like create more images in London. I have started a new gallery on my website called When It Rains: http://mylenscapes.co.uk/when-it-rains. I would like to extend it further and compile my best work into a new book.

On the other hand, I also plan to spend much more time in quiet spaces, creating more peaceful images, as I find myself at my best in silence and solitude. My favourite time of the day is early in the morning, before the dawn. The time when the world around is slowly waking up from a dream, and a new day is finding its way through the night. These are the precious moments I would like to experience and capture more of.

From London with Love, de Vanda Ralevska

From London with LoveFrom London with Love , de Vanda Ralevska, est une traversée poétique dans les rues de Londres, à la recherche des signes subtils et oubliés qui dressent un portrait hors normes de la ville.

Le mystère qui entoure chaque page nous pousse à flâner tout en cherchant la correspondance visuelle entre la page de droite et celle de gauche. Ce qui me plaît vraiment dans ce livre, c’est l’originalité dans les clichés d’une ville qui a été si souvent photographiée.

J’apprécie aussi la sobriété et l’élégance de la mise en page, tout en douceur, qui contribue à la légèreté des images.

Pour tous les photographes en mal d’inspiration, ce livre est une leçon qui démontre qu’avec un regard neuf et un point de vue insolite, on peut revisiter des lieux communs sans tomber dans les pièges des clichés.

Retrouvez Vanda Ralevska sur son site : www.mylenscapes.co.uk

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From London with Love

From London with Love From London with Love

 

365, de Mikey Sabatella

365, de Mikey Sabatella, est un projet de 365365 photos réalisées autour du thème « Jump » (saut): il présente en effet 365 sauts différents, un pour chaque jour de l’année.

Depuis quelques temps, je dois avouer que peux de nouveaux livres ont réussi à nous inspirer: beaucoup sont créés, mais peu ont l’originalité et l’esthétique nécessaires pour mériter une sélection sur WeLovePhoto.

Mais 365 fait partie de ceux-là: il se distingue bouton-en effet de tous les autres livres fondés sur la même approche (une photo par jour) par la cohérence des clichés, la beauté de la mise en page et l’homogénéité du post-traitement.

Une vraie source d’inspiration!

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SILENCES, de Leslie Delamarre

SILENCES

SILENCES, de Leslie Delamarre, s’adresse, d’après son auteur, « à ceux qui aiment la montagne, le rythme lent de l’hiver… »

Faisant partie de ceux qui aiment la montagne, et le rythme lent de l’hiver lorsqu’il est teinté de neige, j’étais curieux d’ouvrir le livre. Et je dois dire que je n’ai pas été déçu: ce livre présente des paysages hivernaux enneigés, tout en douceur.

Une composition soignée et une mise en page harmonieuse donnent à ces images en noir et blanc le rythme nécessaire pour ne pas sombrer dans la monotonie qui guette souvent les livres photos réalisés sur ce thème.

Ce livre ne tombe pas non plus dans le clichés des photos publicitaires ventant les mérites d’une station de ski ou d’un sport de glisse: il présente une vue artistique du sentiment qui accompagne chaque randonneur dans les montagnes enneigées, un silence majestueux devant la beauté du décor.

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Das Mädchen mit den Sommersprossen, de Peter Laqua

Das Mädchen mit den Sommersprossen

Das Mädchen mit den SommersprossenDas Mädchen mit den Sommersprossen, de Peter Laqua, est une livre sur un voyage en Bretagne. Mais qui ne ressemble à aucun autre livre de voyage. Il nous emmène en effet, tel Alice à la poursuite du lapin blanc, sur les traces d’une mystérieuse jeune femme aux tâches de rousseur.

Et ce n’est pas tant la beauté des paysages qui nous incite à tourner les pages, mais cette étrange poursuite sur les pas de notre énigmatique blonde.

Principalement en noir et blanc, ce livre nous présente au travers d’une scénographie très sobre une manière très originale de traiter un récit de voyage ou la découverte d’une région. Ce livre est ainsi non seulement abouti au niveau graphisme, avec ces lignes épurées, le rythme imprimé par les structures, mais présente une excellente source d’inspiration pour tout photographe désireux d’aborder un sujet vu et revu sous un nouvel angle!bouton-

Pour plus d’infos sur l’auteur, retrouvez son site www.laqua.de/

Das Mädchen mit den Sommersprossen

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