Interview de Gilles Vannier, auteur de Itinérêves

Interview de Gilles Vannier, auteur du livre très poétique  » Itinérêves « portrait-2

WeLovePhoto  –  Vous en tant que photographe et votre style: Quelle est votre expérience en photographie? Quand avez-vous commencé et pourquoi? Qui sont les photographes qui vous inspirent le plus? Quel matériel photo spécifique avez-vous utilisé pour réaliser cette série ?

J’ai fait rencontre avec la photographie dès mon plus jeune âge (7-8 ans) grâce à un petit appareil photo du genre « toy camera » que l’on m’avait offert à l’époque. Je me souviens que chaque photo était voilée par la lumière qui s’infiltrait par la fermeture du capot arrière, celui-ci n’étant sans doute pas très étanche. Mais peu importe, le plaisir était là. Pour moi, le simple fait de photographier pour voir ensuite l’image tirée sur papier relevait de la magie. La pratique photographique fait donc partie de mes arts de vivre depuis fort longtemps. L’appareil photo m’est devenu un fidèle compagnon. Il me permet, par l’intermédiaire du regard de m’exprimer comme d’autres le font par l’écriture, le dessin, la peinture, le théâtre…
Quand je photographie, je suis dans l’instant présent, je suis tout simplement « moi ».
Bien plus tard, j’ai découvert le plaisir de développer mes négatifs pour ensuite les tirer sur papier. C’est alors que la chambre noire du laboratoire m’a révélé toute sa magie.
Sans doute que Chema Madoz aura eu une influence sur certaines des photos de la série « itinérêves ». Néanmoins, j’aime bien avoir une vision non sélective sur les photographes et leurs photographies. Certains auteurs peu ou pas connus sont très talentueux. Parmi les photographes connus que je retiens, je citerai Gilbert Garcin, Sebastião Salgado, Raymond Depardon, Klavdij Sluban, Josef Koudelka, Willy Ronis, Edouard Boubat, …
Concernant le matériel utilisé pour réaliser cette série, j’ai eu recours au Pentax K20D, des objectif de la même marque: le transtandard 16-45 mm f 4 et la focale fixe 40 mm f 2,8.
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WeLovePhoto – La série de photos dans votre livre: Pourquoi se lancer dans un tel projet ? Quel est votre message à travers ces photos? Votre source d’inspiration?

Au départ, c’était pour mon propre plaisir que je partais à la rencontre de l’insolite au cours de mes balades forestières. Les arbres ont souvent des formes étranges. Elles m’impressionnaient déjà dans certains livres de mon enfance. Quant aux nuages, ils m’ont toujours fasciné. Ce sont de grands voyageurs épris de liberté qui parcourent un monde sans frontière. J’ai plaisir à photographier leurs formes et leurs reflets changeant. Au fil du temps et de mes promenades, alors que le nombre des images progressait, la série s’est imposée d’elle-même. Très vite j’ai éprouvé le besoin d’introduire de petites mises en scène dans certaines d’entre elles afin d’inviter la poésie à y prendre plus de place.

Un couple d’amis ayant vu mes photos m’a proposé de les présenter dans leur galerie. Ce fut pour moi une belle aventure accompagnée de rencontres enrichissantes. Suite à cela, certaines personnes m’ont suggéré de réaliser un livre qui présenterait les photos de l’exposition. L’idée m’a plu. Réaliser le livre serait donc la prochaine étape. Une photographie n’existe vraiment que si elle est montrée. Choisir un beau papier pour cela n’est pas à négliger. De plus, ce support me semble le mieux adapté si l’on désire transmettre ses images aux générations suivantes. Les tirages et les livres sont parfaits pour cela.

Ce livre est avant tout une façon de partager mon ressenti eu égard à la beauté et à la préciosité de la vie sous toutes ses formes. La seule façon de la pérenniser est de la respecter dans sa globalité. Tel pourrait être le message de ce livre.

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WeLovePhoto – Votre expérience du livre: Pourriez-vous s’il vous plaît décrire en quelques mots votre expérience pour créer un livre? Critères de sélection des photos, de construction de l’ouvrage? Pourquoi L’auto-édition? Que recommandez-vous de faire avant de créer un nouveau livre?

Savoir prendre du plaisir à la réalisation d’un livre est d’importance pour mener à bien ce projet. Itinérêves est le deuxième livre que je réalise. Autant dire que je n’ai pas une grande expérience dans ce domaine. Néanmoins, avant de créer son propre livre, je pense qu’il est impératif de savoir ce que l’on va y raconter et d’avoir suffisamment de matière pour le faire. Pour cette fois, l’éditing avait déjà été réalisé en amont lors de la sélection des photos à exposer. C’est sans doute l’étape la plus délicate pour bien des photographes. Elle doit se faire sans concession. L’avis d’un regard « extérieur » peut être éventuellement sollicité. Toutefois, la décision finale revient toujours au photographe. Un choix judicieux concernant la place et l’espace des photos dans la page ainsi que dans la chronologie du livre à son importance. Cela permet de conserver un certain rythme à la lecture afin d’éviter l’ennui. Je me suis inspiré d’ouvrages qui me plaisent pour réaliser les mises en page. Concernant la typo, j’en ai choisi une qui m’a paru très lisible et agréable à lire. Comme j’aime les beaux livres, je souhaitais qu’ Itinérêves ait sa place parmi ceux-ci. L’auto-édition chez Blurb m’a permis de mener à bien mon projet en conciliant liberté d’exécution et qualité de fabrication du livre.

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WeLovePhoto – Quelle est la prochaine étape: Quels sont vos prochains projets de photos? Des projets de nouveaux livres?

Je n’ai pas de projet particulier pour le moment, même si parfois certaines idées me trottent dans la tête. N’ayant aucun impératif, je me laisse le temps, je laisse « mûrir » tout cela. La précipitation et le rendement ne font pas partie de mes objectifs. Qui vivra verra!

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Voici une courte bio de Gilles Vannier :

Je suis né en 1948 au Creusot. J’habite toujours dans la région. J’ai grandi à la campagne où j’ai passé la plus grande partie de mes  vacances à jouer en extérieur. Cela a nourri mon imaginaire. Très jeune, j’éprouvais déjà le besoin de me ressourcer en me connectant à la nature. Je continue encore aujourd’hui. Retraité, j’ai passé toute ma carrière dans la pharmacie. La rencontre avec la clientèle fut pour moi une belle école de vie. Elle a modifié ma façon d’être et de voir le monde. Photographe amateur depuis mon plus jeune âge, je deviens par la suite autodidacte en ce domaine afin de mieux exploiter les possibilités que cette passion me procure.  Avant Itinérêves en 2012, j’avais exposé une série sur les heurtoirs en 2009.

 

Voir également son blog: http://vanniergilles.free.fr

Interview de Gabriel Loisy, auteur de Strada Bucur

Interview de Gabriel Loisy, auteur du livre Strada Bucur.google+

WeLovePhoto – Vous en tant que photographe et votre style: Quelle est votre expérience en photographie? Quand avez-vous commencé et pourquoi? Qui sont les photographes qui vous inspirent le plus? Quel matériel photo spécifique avez-vous utilisé pour réaliser cette série ?

J’ai commencé la photographie argentique en 2006 avec de la photos de rue, très vite je me suis intéressé à la photo sociale et au reportage plus particulièrement. Je suis devenu professionnel  peu après. Je suis influencé par de grands photographes comme Raymond Depardon, James Nachtwey ou encore Patrick Chauvel. Il y a aussi de très bons photographes dans la nouvelle génération que j’aprécie particulièrement. Strada Bucur est mon premier projet réalisé en numérique. J’ai utilisé un 50D et 7D de chez Canon.

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WeLovePhoto – La série de photos dans votre livre: Pourquoi se lancer dans un tel projet? Quel est votre message à travers ces photos? Votre source d’inspiration?

J’ai rencontré les jeunes de la Fondation Parada courant 2007, au cours de l’une de leur tournée annuelle en France.  Ils jouaient leur spectacle de cirque dans un petit village des Vosges. J’ai passé une semaine à les photographier. Il se trouve que la Fondation Parada aidait ces jeunes, qui vivaient initialement dans la rue à Bucarest, à retrouver une vie « normale ». En 2009, je suis parti vivre en Roumanie, à Bucarest, pour mieux comprendre leur quotidien, leur parcours. J’ai eu envie de raconter leur histoire et de montrer les actions de la Fondation Parada qui lutte pour la réinsertion des ces jeunes.

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WeLovePhoto – Votre expérience du livre: Pourriez-vous s’il vous plaît décrire en quelques mots votre expérience pour créer un livre? Critères de sélection des photos, de construction de l’ouvrage? Pourquoi L’auto-édition? Que recommandez-vous de faire avant de créer un nouveau livre?

A mon retour de Bucarest, je n’avais pas énormément de temps pour finaliser le livre. J’avais déjà  selectionné les photos au fur et à mesure du projet pour plus de facilité. Pour la mise en page je voulais vraiment faire quelque chose de simple et de sobre. Le plus long était la traduction des textes (en anglais et en roumain). Je voulais que le livre soit accessible au plus grand nombre. L’objectif était qu’aussi bien en France et en Roumanie, les gens puissent le lire. Il se trouve qu’en Roumanie, les jeunes qui vivent dans la rue sont ignorés et marginalisés. Ainsi, j’ose espérer que les personnes qui détiennent ce livre peuvent avoir une nouvelle vision de tout cela. Le livre a était financé par un programme européen (Youth in action). La limite de l’auto-edition, de mon point de vue, c’est la difficulté qu’il y a ensuite pour diffuser le livre.

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WeLovePhoto – Quelle est la prochaine étape: Quels sont vos prochains projets de photos? Des projets de nouveaux livres?

Je n’ai pas de nouveau livre en préparation. Je suis actuellement en train de préparer un web-doc sur le handicap et l’accessibilité des personnes handicapées en général. J’espère avoir la chance un jour de refaire un livre car j’aime vraiment ce support qui reste dans le temps.

Bio de Gabriel Loisy : 

Né à Epinal, dans l’Est de la France, en 1984, Gabriel Loisy a quitté ses études de dessinateur industriel pour se consacrer entièrement à la photographie. Il s’est tout de suite intéressé aux sujets relevant de l’exclusion sociale. En 2006, il travaille sur le regard des passants face aux SDF dans les rues de la ville de Nancy. Une rencontre avec la fondation PARADA va alors changer sa vie: il quitte la France direction Bucarest où il retrouve ce même phénomène amplifié face aux enfants des rues de la capitale roumaine. Son témoignage est retracé dans un livre intitulé « Strada Bucur« , qui signifie « Rue de la joie » en Roumain.

Pour Gabriel Loisy, la photographie est un moyen de mettre en avant ce que la majorité des gens refuse de prendre en compte au quotidien.

Son travail artistique valorise également les rencontres qu’il fait avec ces personnes marginalisées. Il nous invite à le suivre, à partager ces tems de discussion. L’esthétique de ces prises de vue rend compte de la relation qui s’est installée entre la personne photographiée et lui.

Pour plus d’info sur le livre et l’auteur : http://cargocollective.com/GabrielLoisy/Livre

Focus sur Patrick Nicholas, auteur de Belle

Interview réalisée avec Patrick Nicholas, auteur du magnifique Portfolio Belle que nous web landscapesvous avons présenté début de cette semaine. (incl. traduction de l’interview)

WeLovePhoto – Vous en tant que photographe et votre style: Quelle est votre expérience en photographie? Quand avez-vous commencé et pourquoi? Qui sont les photographes qui vous inspirent le plus? Quel matériel photo spécifique avez-vous utilisé pour réaliser cette série ?

I started photography while at Art School and later specialised in photography and cinema at university. I started working in the film business after graduation and in fact my first job was as assistant film editor for Ridley Scott. This seemed like a great start but in fact I was fired for running the rushes of Alien upside down! After this I decided to go it on my own as a photographer  went to try my luck in Italy in 1982 and I have been here ever since.  

J’ai commencé la photographie à l’école d’art et me suis ensuite spécialisé dans la photographie et le cinéma à l’université. J’ai commencé à travailler dans l’industrie du film après l’obtention du diplôme et mon premier emploi a été assistant producteur pour Ridley Scott. Cela semblait être un bon début, mais en fait, j’ai été licencié pour avoir monté les rushes de Alien à l’envers! Après cela, j’ai décidé de me lancer à mon compte en tant que photographe et suis allé tenter ma chance en Italie en 1982, où je suis resté depuis. 

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Labyrinth © Patrick Nicholas

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I started my own commercial portrait studio and then moved into fashion and then advertising. But I never neglected the more artistic side of photography and in fact started the Belle series back in 1988 and  adding to the portfolio ever since – my most recent image was taken a couple of weeks ago. The reason I started the Belle was because a friend entered me into a competition without my knowledge. It was for young painters so I thought that I would re-interpret a famous painting (La Morte de Marat by David) with a touch of irony. After the success of this venture – it won first prize – I continued with the idea although it has developed and changed over the years. One form of evolution is that in the beginning I was a studio photographer so many of the early pictures were taken indoors, whereas now I work mostly in the Italian landscape. That said, I do like to build a set and spend a lot of time researching and looking for the right details and objects to ‘dress’ the set.

J’ai commencé mon propre studio de portrait commercial, puis je me suis orienté vers la mode et de la publicité. Mais je n’ai jamais négligé le côté plus artistique de la photographie et j’ai commencé la série « Belle » en 1988 et continue ce portfolio depuis – mon image la plus récente a été prise il y a quelques semaines. La raison pour laquelle j’ai commencé « Belle » est qu’un ami m’a inscrit à un concours à mon insu. C’était adressé aux jeunes peintres, alors j’ai pensé à ré-interpréter une peinture célèbre (La Morte de Marat de David) avec une pointe d’ironie. Après le succès de cette expérience – j’ai gagné le premier prix – j’ai continué avec cette idée même si elle a évolué au fil des ans. Une des évolutions réside dans le fait qu’au début j’étais photographe de studio, donc nombre de mes premières photos ont été prises à l’intérieur, alors que maintenant, je travaille principalement dans le paysage italien. Ceci dit, j’aime construire une mise en scène et je passe beaucoup de temps à rechercher les bons détails et les bons objets pour habiller la scène.

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Lilith © Patrick Nicholas

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I am most influenced by the photographer Edward Steichen and the Photo Secessionists, probably because when I was studying he was deeply unfashionable, as were the Pre-Raphaelite painters whom I also admired. I like photographers like Serge Lutens who start  carte blanche and build a picture from nothing. I would say that I am more influenced by painters than photographers. This is partly because of my art school background I suppose, but may also be  a result of living in Italy where one is surrounded by a lot of art. That said, I do admire advertising photographers most of whom are unknown to the general public, people like David Scheinmann, Nadav Kandar, Andreas Heumann, Giles Revell,  and others, some of whom I came across when I was a member of the Association of Photographers in London.

Je suis très influencé par le photographe Edward Steichen et les membres du mouvement PhotoSecession, probablement parce que quand je faisais mes études, il était vraiment démodé, tout comme les peintres pré-raphaélites qui j’admirais aussi. J’aime les photographes comme Serge Lutens qui commencent avec une page blanche et construisent une image à partir de rien. Je dirais que je suis plus influencé par les peintres que les photographes. C’est en partie gràce à mon parcours à l’école des arts, je suppose, mais peut également être dû au fait de vivre en Italie, où l’on est entouré par beaucoup d’art. Cela dit, j’admire les photographes publicitaires dont la plupart sont inconnus du grand public, des gens comme David Scheinmann, Nadav Kandar, Andreas Heumann, Giles Revell, et d’autres que j’ai découvert quand j’étais membre de l’Association des photographes à Londres.

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Flying © Patrick Nicholas

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WeLovePhoto – La série de photos dans votre livre: Pourquoi se lancer dans un tel projet ? Quel est votre message à travers ces photos? Votre source d’inspiration?

As I mention above I started more or less by accident and have just carried on. However, I think having a thread running through one’s work definitely helps an artist to pull himself along as it were. Especially in photography where we are in a way handicapped by our closeness to reality. The camera is after all a recording tool in a way that the brush and the pen are not. In the beginning the photographs were ironic twists on famous works of art that most people would recognise and get the joke or at least understand the irony. I could also use the original work of art to show my model (none of whom are professionals by the way and I never pay anyone!)  to reassure her and illustrate my ideas. As the Belle developed I found I was more and more often taking the picture first and then looking around for a work of art that was similar. Occasionally my pictures are not related to visual works of art at all, but are inspired by cinema, poetry, music or nature. I am especially interested by the relationship between science, psychology and mythology. 

Comme je l’ai mentionné ci-dessus, j’ai commencé plus ou moins par accident et j’ai juste persévéré. Cependant, je pense qu’avoir un fil conducteur aide un artiste à avancer. Surtout dans la photographie où nous sommes en quelque sorte handicapé par notre proximité à la réalité. L’appareil est après tout un outil d’enregistrement, ce qui n’est pas le cas d’un pinceau ou d’un crayon. Au début, les photographies étaient des parodies d’œuvres d’art célèbres et la plupart des gens reconnaissent le subterfuge ou du moins leur ironie. JeJ’ai aussi pu utiliser l’œuvre d’art d’origine pour la présenter à mon modèle (à propos, aucune d’entre-elle n’était professionnelles et je n’ai jamais payé qui que ce soit !) afin de la rassurer et d’illustrer mes idées. Concernant la série « Belle »,  j’ai trouvé que je prenais de plus en plus souvent d’abord la photo, puis je cherchais ensuite une œuvre d’art qui était semblable. De temps en temps mes photos ne sont pas liées à des œuvres d’art visuel du tout, mais sont inspirées par le cinéma, la poésie, la musique ou la nature. Je suis particulièrement intéressé par la relation entre la science, la psychologie et la mythologie. 

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Klimtomania © Patrick Nicholas

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WeLovePhoto – Votre expérience du livre: Pourriez-vous s’il vous plaît décrire en quelques mots votre expérience pour créer un livre? Critères de sélection des photos, de construction de l’ouvrage? Pourquoi L’auto-édition? Que recommandez-vous de faire avant de créer un nouveau livre?

My first book was produced by a Neapolitan firm that specialises in wedding albums and was not like a book at all more of an album with some text. Then when someone recommended Blurb in about 2008 I realised that one could make a real book for quite a reasonable price. I had a photography gallery until recently and I found that I could sell the books through the gallery at pretty much cost price – it doesn’t interest me to make a profit on the books, I just don’t want to lose money. I also sell them at exhibitions of my work.

Mon premier livre a été produit par une firme napolitaine qui est spécialisée dans les albums de mariage et n’était pas du tout un livre mais plutôt un album photo avec un peu de texte. Puis quand quelqu’un m’a recommandé Blurb vers 2008, j’ai réalisé que l’on pouvait faire un vrai livre pour un prix très raisonnable. J’avais une galerie photo jusqu’il y a peu, et j’ai trouvé que je pouvais vendre les livres via la galerie aux environs du prix de revient – çà ne m’intéresse pas de faire un profit sur ​​les livres, je veux juste ne pas perdre d’argent. Je les vends également lors de mes expos. 

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Flora © Patrick Nicholas

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As I take new images I add them to the book, about three or four at a time, take down the old version from Blurb and sell the new. This means that each is a de facto limited edition: I have never sold more than ten copies of one edition. The first edition in 2007 had 22 pictures, the latest has 65. From this point of view self publishing has obvious advantages: the book can be added to regularly, the catalogue is constantly updated and each book is a limited edition which could, if one was well known enough, command high prices – I am still waiting on that one!

Lorsque je prends de nouvelles images, je les ajoute au livre, environ trois ou quatre à la fois, je reprend l’ancienne version sur Blurb et vend la nouvelle. Ceci signifie que chaque livre est de facto, une édition limitée: Je n’ai jamais vendu plus de dix exemplaires d’une édition. La première édition en 2007 avait 22 photos, la dernière en a 65. De ce point de vue, l’auto-édition a des avantages évidents: le livre peut être revu régulièrement, le catalogue est constamment mis à jour et chaque livre est une édition limitée qui pourrait, s’il devient assez connu, engendrer des prix plus élevés- Je l’attends toujours ! 

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Ophelia © Patrick Nicholas

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I also produce a small pocket sized version as a give away. It has less pictures and I print about 30 copies1 at a time. Blurb give discounts of course for bigger runs. It is worth doing the book in a square format if an author intends to produce different sizes: this way the size can be changed pretty much at the touch of a button, but one cannot go from large landscape format to small square. I often find that my models wish to buy a copy of the book and in this case I  may put in an extra picture or two of them taken from the same shoot. This way they have a de-luxe version specially made for them.

Je produis aussi une petite version de poche comme cadeau. Il y a moins de photos et j’en imprime environ 30 copies à la fois. Blurb accorde bien sûr des remises pour des plus grands volumes d’impression. Ca vaut la peine de faire le livre dans un format carré si un auteur a l’intention de produire différentes tailles: de cette façon la taille peut être changée en un peu près un clic, mais on ne peut pas modifier d’un grand format paysage à un petit format carré.

Je constate souvent que mes modèles souhaitent acheter un exemplaire de l’ouvrage et dans ce cas je peux y ajouter 1 ou 2 photos supplémentaires d’elles du même shooting. De cette façon elles ont leur propre version de luxe.

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Phryne © Patrick Nicholas

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WeLovePhoto – Quelle est la prochaine étape: Quels sont vos prochains projets de photos? Des projets de nouveaux livres?

The Belle book goes on with the addition of about 5 pictures a year. I am in the process of making an ebook version. I also have another Blurb book Tuscia of landscape photos taken in this part of Italy which I hope will move from a self published book to a commercial publisher next year. The publisher saw the Blurb book and wants to do a bigger version with more pictures in both English and Italian.

Le livre « Belle » se poursuit avec l’ajout d’environ 5 photos par an. Je suis en train de faire une version ebook. J’ai aussi un autre livre Blurb « Tuscia » de photos de paysages prises dans cette partie de l’Italie et qui, je l’espère va passer d’un livre auto-édité à un éditeur commercial dès l’année prochaine. L’éditeur a vu le livre Blurb et veut faire une version plus grande avec plus d’images à la fois en anglais et en italien.

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Pour plus d’info sur l’auteur : 

photo workshops:  www.cameraetrusca.com

portfoliowww.photonicholas.com

blog:  www.patricknicholas.wordpress.com

 

 

 

Peonia © Patrick Nicholas

Interview de Maxime Décarsin, auteur de « La Campagne »

Maxime Décarsin, nous présente son premier livre La Campagne – Une rencontre avec le milieu rural de la Somme.Moi-portrait-940px 72dpi

WeLovePhoto – Vous en tant que photographe et votre style: Quelle est votre expérience en photographie? Quand avez-vous commencé et pourquoi? Qui sont les photographes qui vous inspirent le plus? Quel matériel photo spécifique avez-vous utilisé pour réaliser cette série ?

J’ai commencé à pratiquer la photographie il y a une dizaine d’années environ, avec un bridge que je m’étais offert. Je me suis vite rendu compte que les images servaient à autre chose que le souvenir, alors j’ai commencé à chercher comment les faire « parler » avec plus de conviction. En parallèle de mon activité de musicien et de technicien du spectacle j’ai développé mon esthétique de l’image, amélioré ma technique et cherché ma vision de la photographie.
Je n’ai pas vraiment de référence à proprement parler. Sur le web et les réseaux sociaux je trouve quasiment tous les jours de nouveaux photographes qui me font rêver !
Cependant si je dois en citer quelques-uns il y aurait Thomas Muselet, Alban Henderycks, Kevin Pinardy, Jimmy Nelson…etc.
Pour cette série j’ai utilisé mon matériel habituel. Je travaille sur Pentax K5 monté la plus part du temps d’un Sigma 17-70mm, ainsi qu’un Pentax 55-300mm quand je veux me faire plus discret. J’utilise également un filtre polarisant Hoya PRO1 digital et quelques filtres Cokin gris neutre pour les paysages.

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WeLovePhoto – La série de photos dans votre livre: Pourquoi se lancer dans un tel projet ? Quel est votre message à travers ces photos? Votre source d’inspiration?

En fait je ne me suis pas parti faire ce reportage de 4 jours dans l’optique d’en faire un livre. Je n’avais pas d’expérience dans ce domaine et je voulais juste partager mon travail comme je le fais d’habitude sur les réseaux sociaux. Mon but était de rendre hommage à ma terre natale, la Picardie, et à ses habitants, en montrant des images loin des clichés des médias mainstream.
Et puis quand je suis rentré, j’ai regardé ma série dans son ensemble et je me suis dis que ce serait dommage de partager mes images sans y ajouter mon ressenti, mon vécu. Je voulais intégrer une autre dimension à la lecture de l’image, alors l’idée d’anecdotes et de légendes est apparue, l’idée du livre était née !
J’ai toujours aimé le travail que font les grands reporters, les messages forts qui se dégagent de leur travail et l’impact que cela a sur la société. Alors je me suis dis que je pouvais moi aussi, à mon échelle, raconter une histoire et partager mon expérience afin de, peut-être, faire évoluer l’image que les gens ont sur le sujet que j’aurais traité.

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WeLovePhoto – Votre expérience du livre: Pourriez-vous s’il vous plaît décrire en quelques mots votre expérience pour créer un livre? Critères de sélection des photos, de construction de l’ouvrage? Pourquoi L’auto-édition? Que recommandez-vous de faire avant de créer un nouveau livre?

Pour la construction du livre, étant donné que je n’avais aucune expérience, j’ai regardé plusieurs ouvrages de reportage photographique dans des domaines variés. J’ai synthétisé sur un brouillon ce qui m’avais plu, que ce soit dans la mise en page, dans la narration ou dans l’articulation des différentes parties du livre, et j’ai commencé une maquette à partir de ces éléments. J’ai rapidement trouvé mes 3 grandes parties (la ferme, le travail, aux alentours) et le reste c’est fait naturellement. Je soumettais régulièrement mon travail à la critique afin de voir ce qui ne fonctionnait pas et ce qui manquait.
J’ai sélectionné les photos les plus parlantes et celles qui s’articulaient le mieux entre elles. Par ailleurs je ne voulais pas garder un style linéaire dans le traitement des images, certaines on un côté vintage, d’autre plus moderne, on y retrouve également des traitements HDR, j’aime bien trouver l’ambiance la plus adaptée à chaque image, celle qui lui donnera sa force.
Pourquoi l’auto-édition ? Hé bien parce-que je n’ai pas encore eu l’occasion de rencontrer un éditeur qui serait intéressé par mon travail !
J’en profite d’ailleurs que vous me donniez la parole pour faire passer le message…
Cependant ma première démarche était déjà de faire partager mon travail en permettant au public de découvrir mon livre en version numérique.
Que recommandez-vous de faire avant de créer un nouveau livre?
Je n’ai pas vraiment de conseil à donner, ce serait présomptueux de ma part. Cependant si vous voulez mon retour d’expérience, je pense que la préparation est primordiale afin d’éviter l’écueil du sujet traité à moitié ou de manière incomplète. Je ne pense pas que ce soit le cas dans mon livre car même si je ne partais pas dans l’optique d’en faire un, j’avais déjà en tête ce que je voulais montrer au public avant de prendre les clichés, cela m’a beaucoup aidé pour sa construction.

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WeLovePhoto – Quelle est la prochaine étape: Quels sont vos prochains projets de photos? Des projets de nouveaux livres?

Ma volonté est de faire voyager les gens à travers mes images, d’attiser leur imaginaire et les inciter à la réflexion. Mes projets photos naissent le plus souvent d’une rencontre, d’une discussion, ou bien après avoir flâner sur le web ou dans une expo, je travaille au feeling et selon mes envies et propose un jour du portrait, un autre des paysages ou encore du travail numérique !
Dans mon carnet de note il y a également un livre sur les habitants des corons miniers du Pas-de-Calais, je vais préparer ça en collaboration avec un journaliste d’un journal local.

WeLovePhoto – Voir également ci-dessous la biographie et les intentions artistiques de Maxime 

Biographie

La photographie, et l’art en général, ont toujours été parties intégrantes de ma vie. Depuis mes premiers appareils photos jetables à mes essais sur reflex pro, en passant par mes formations musicales, j’ai toujours su solliciter et développer ma sensibilité artistique. Faire des études en audiovisuel s’est révélé pour une moi une évidence afin de pouvoir inscrire ma passion pour l’art dans une démarche professionnelle. Fort de mon expérience du milieu du spectacle, j’ai ensuite travaillé pour une société de prestation technique. J’ai pu y développer mes compétences en photographie dans la réalisation de reportages évènementiels. Cette expérience m’a apporté le goût du challenge. J’ai également appris à maîtriser la lumière dans des conditions difficiles, mais aussi à affiner mon rapport à l’humain et le regard que je porte sur lui. En tant que photographe indépendant je cherche maintenant à garder ce contact avec les gens, et je poursuis dans cette voie où chaque rencontre est source d’inspiration et de projets à naître.

Mes intentions artistiques

Par la photographie je cherche à mettre en image ma vision des rapports humains, des sentiments aux dérives sociétales. Je trouve mon inspiration dans des échanges, des rencontres, au cours de vagabondage sur le web, ou bien encore au détour d’une expo. Vivant dans l’ère du temps, j’utilise Photoshop comme catalyseur pour donner force à mes compositions, la où la photographie seule ne peut rendre tout le sens du message. J’aime jouer avec la lumière qu’elle soit artificielle ou naturelle, appréhendée ou maîtrisée. Elle souligne et dirige les éléments à l’intérieur du cadre. Je ne me fixe pas de limites, bien qu’étant réaliste, quant au choix d’une technique ou d’un style. L’important est que la création finale fasse écho en moi à un sentiment, une idée, et reste dans les lignes de la démarche qui est à son origine.

Focus sur Gaspard Walter et sa collection « Ticket To »

Focus sur Gaspard Walter, passionné de voyages et de photographie. Il est l’auteur de la collection DSC00532« Ticket To », dont le premier sur la Thailande, a été réalisé en collaboration avec Chloé Villaume. Un splendide livre qui a retenu toute notre attention !!

WeLovePhoto : Vous en tant que photographe et votre style: Quelle est votre expérience en photographie? Quand avez-vous commencé et pourquoi? Qui sont les photographes qui vous inspirent le plus? Quel matériel photo spécifique avez-vous utilisé pour réaliser cette série ?

J’ai toujours eu une passion pour l’image, la lumière, les couleurs et c’est assez naturellement que je me suis tourné vers la photographie, d’abord de façon classique pour des livres d’architecture et d’art de vivre et puis finalement en joignant la photographie à mon autre passion : le voyage. Pour mon inspiration, le premier nom qui me vient à l’esprit c’est Robert Polidori, son travail est exceptionnel. Il est l’un des rares photographes actuels à avoir compris que l’on n’est pas obligé de montrer de belles choses pour faire de jolies photos. J’admire sa manière d’aller chercher la beauté et les couleurs là où on ne les attend pas. Tout ça sans fioritures, de face : il pose ses cadres comme des tableaux. Il est également l’un des précurseurs de « l’exploration urbaine » qui explose en ce moment. Enfin, côté matériel, j’utilise un Canon EOS 7D ainsi que deux objectifs Canon : 15-85 mm et 50 mm. Je travaille sans flash et sans pied, ce qui me permet une meilleure souplesse dans des conditions de reportage.

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WeLovePhoto : La série de photos dans votre livre: Pourquoi se lancer dans un tel projet (Ticket To)? Quel est votre message à travers ces photos? Votre source d’inspiration?

L’idée de ces livres est venue assez simplement : en tant que voyageur, je ne trouvais rien qui me plaise dans les librairies. La plupart des livres de voyage sont des livres « d’éditeur » c’est-à- dire une commande à un photographe ou un genre de « best of » de photos pour une destination que l’on pense populaire. Le problème de ces livres c’est qu’ils sont toujours trop lisses, souvent creux. Les plages sont désertes, les rues impeccables et tout le monde sourit. Moi j’avais envie d’une collection qui dise la vérité, les bonnes comme les mauvaises choses et je voulais que tout ça soit le plus complexe possible. En général les éditeurs insistent pour que les livres suivent une construction classique, pour que le lecteur comprenne facilement ce qu’il a entre les mains, mais pour Ticket to, je voulais le contraire : des livres chargés, compliqués, où l’on se perd, et qui demandent que l’on y revienne plusieurs fois. Autant que possible je voulais garder dans chaque volume la sensation du voyage, de l’aventure et pour ça il était important de ne pas prendre le lecteur par la main et de le laisser se perdre entre les pages. Enfin, je voulais m’éloigner des poncifs touristiques, de ce que l’on a déjà vu et que l’on verra encore. J’ai dans l’idée qu’un voyageur qui passe une semaine a Bangkok, si on prend l’exemple de la Thaïlande, retiendra moins le Grand Palais que les détails des rues, les trajets en taxis, les plats qu’il aura mangés et ce sont toutes ces choses-là que je voulais mettre en avant, loin devant les « cartes postales » de la destination.

une_contre_allee_couverte_un_passage_derobe_dans_lWeLovePhoto : Votre expérience du livre: Pourriez-vous s’il vous plaît décrire en quelques mots votre expérience pour créer un livre? Critères de sélection des photos, de construction de l’ouvrage? Que recommandez-vous de faire avant de créer un nouveau livre?

C’est assez simple en fait. Il y a trois phases : la première dure de deux semaines à un mois et je m’en sers pour m’imprégner de la destination, pour « comprendre » le pays ou la ville avant de pouvoir en parler, je prends déjà des photos, mais surtout j’ouvre les yeux et j’écoute (c’était plus simple pour la Thaïlande où j’avais vécu trois ans). Ensuite vient la phase de reportage où j’enchaîne les prises de vues et j’emmagasine le plus de photos possible tout en prenant des notes pour les textes. Enfin vient le moment de rassembler le tout et c’est vraiment là que le livre prend vie. Il y a parfois des photos qui, seules, ne donnent pas grand-chose, mais qui une fois mise en rapport avec une autre ressortent tout à fait différemment. Il y a aussi les très belles photos qui ne trouvent pas leur place et qu’il faut supprimer. Le travail de mise en page, c’est le plus long et le plus frustrant et le plus compliqué. Un conseil ? Je dirais qu’il faut travailler chaque étape sans trop penser à la suivante, rester dans ce que l’on est en train de faire et surtout ne pas penser à la publication. Il faut d’abord travailler pour soi. Ensuite je conseillerais à un photographe qui a un projet de livre de se mettre à la mise en page, d’apprendre à utiliser Indesign, même de façon basique. Plus vous maitrisez les étapes de la création d’un livre, plus vous avez de chance que votre projet imprimé soit proche de ce que vous aviez en tête quand vous avez commencé à y penser.

invitation_au_marchandage_sur_un_etalage_de_poissoWeLovePhoto : Quelle est la prochaine étape: quels sont vos prochains projets de photos? Des projets de nouveaux livres Ticket To?

La suite c’est Ticket to, un quatrième livre et puis… qui sait. Il est encore un peu tôt pour en parler, les choses devraient bouger cet automne. En attendant, je pense de plus en plus à exposer.

Sa bio :Gaspard Walter, 30 ans, est auteur-photographe. Tour à tour publicitaire, reporter et professeur de plongée, il a passé dix ans autour du monde. Il a collaboré, en tant que photographe, à de nombreux ouvrages, dont Voyages en Asie, Voyages en Méditerranée, aux éditions du Chêne ; Un certain goût pour l’Orient, chez Citadelles & Mazenod. Il est le concepteur de la collection « Ticket to » et a publié aux éditions de La Martinière Ticket to Thaïlande, en collaboration avec Chloé Villaume, Ticket to Vietnam et Ticket to New York.

Pour commander le livre : Ticket To Thailande

Interview de Florent Gury, auteur de « Les Petits Trésors de Belle Ile en Mer »

Florent Gury

Florent GuryFlorent Gury, auteur de « Les Petits Trésors de Belle Ile en Mer« , nous a fait le plaisir de répondre à quelques questions qui vous permettront de mieux le connaître et de comprendre sa démarche.

WeLovePhoto – Vous en tant que photographe et votre style: Quelle est votre expérience en photographie? Quand avez-vous commencé et pourquoi? Qui sont les photographes qui vous inspirent le plus? Quel matériel photo spécifique avez-vous utilisé pour réaliser cette série ?

Je suis saisonnier dans les métiers du tourisme depuis plus de 20 ans, l’hiver en montagne et l’été à l’océan, travaillant dans le plus beau bureau du monde une bonne partie de l’année j’ai donc décidé d’immortaliser tous ces magnifiques « murs de bureau ». Mais travailler dans le tourisme est l’inverse de faire le touriste, la photographie est une activité extrêmement chronophage et j’allais vite y passer mon (peu) de temps libre.
J’ai commencé la photo il y a une dizaine d’année, en numérique donc, avec un bridge qui me permettait de faire des réglages manuels et ainsi comprendre comment ça « marche » la photo avec l’aide d’un simple livre d’initiation à la photo numérique. Puis de fil en aiguille, je me suis pris au jeu et j’ai investi dans un premier reflex, puis un objectif, puis un autre reflex, et un autre objectif,…
Je n’ai pas vraiment de « culture » photo, pas de références précises, j’avoue que je connais peu les oeuvres des grands photographes qui ont fait de la photo un art à part entière. Étant de la « génération internet » j’ai beaucoup appris en regardant les photos des autres amateurs sur les forums avec une large préférence pour les images de nature, paysage et macrophotographie puisque c’est le milieu dans lequel je vis toute l’année.
Les photos des Petits Trésors de Belle Ile en Mer ont été faites sur 3 saisons avec différents boîtiers Canon (40D, 5D et 5D Mark II), la grande majorité des ces images ont été faites avec un objectif Canon 17-40 f/4 L USM et les autres avec un Canon 70-200 f/4 IS L USM, un Canon 35 f/2 USM pour les images de ciels étoilés. J’utilise aussi une rotule Nodal NINJA pour les panoramas par assemblage d’images présentés en double page dans le livre ainsi que des filtres Gris Neutre pour les poses longues.

WeLovePhoto – La série de photos dans votre livre: Pourquoi se lancer dans un tel projet ? Quel est votre message à travers ces photos? Votre source d’inspiration?

Après avoir regardé toutes les photos connues de Belle Ile et notamment celles des photographes locaux dont j’adore les images, j’ai voulu la photographier autrement, ne pas faire du « déjà vu », en profitant de la souplesse de la prise de vue en numérique. Partant du principe qu’il faut être au bon endroit au bon moment j’ai aussi voulu photographier les plus beaux sites de l’ïle aux heures où personne ne s’y trouve, choisir les moments où la hauteur de la marée, l’état de la mer, la direction de la houle du vent et des nuages me conviennent selon les sites visés. Je suis retourné plusieurs fois sur les mêmes paysages jusqu’à avoir la photo qui me convient.
Il y a par exemple une quinzaine de très bons points de vue exploitables sur la Pointe des Poulains, le plus dur est de choisir….
Comme la mer n’est pas un élément figé, j’ai aussi joué sur les temps de pause de mes photos pour donner du mouvement aux vagues ou restituer une ambiance, une impression ressentie au moment de la prise de vue. J’ai voulu aussi photographier les phares maritimes de nuit puisqu’ils ont été construits pour être des repères nocturnes en complément des étoiles que l’on voit bien du fait de la faible pollution lumineuse du ciel.
Il y a autant de manières de photographier qu’il existe de photographes, je ne fais que passer ma sensibilité personnelle par des photos  que je me suis donné la liberté de faire.

WeLovePhoto – Votre expérience du livre: Pourriez-vous s’il vous plaît décrire en quelques mots votre expérience pour créer un livre? Critères de sélection des photos, de construction de l’ouvrage? Pourquoi L’auto-édition? Que recommandez-vous de faire avant de créer un nouveau livre?

Au départ je n’avais pas l’intention de faire un livre, j’avais fait ces photos avec l’intention de les exposer, ce que j’ai fait. L’idée de faire un livre est venue plus tard, je voulais juste en faire un pour moi.
Fort de l’expérience d’une première expo, choisir des photos à mettre dans le livre n’en n’a pas été plus simple…. J’ai commencé par une sélection très large, puis j’ai affiné mes choix petit à petit, sur plusieurs jours, en évitant de garder trop d’images que j’aime pour des raisons trop personnelles (difficultés techniques, heures d’attente, état d’esprit du moment….) et essayant de m’en tenir à des critères esthétiques. Il a fallu ensuite penser à la construction du livre, classer les photos par secteurs géographiques pour donner un sens, une chronologie à cette découverte des côtes belliloises, et j’ai aussi voulu varier les formats d’images pour éviter une certaine monotonie dans la lecture. La mise en page est volontairement sobre et basique, c’est un livre de photos quoi !
L’auto-édition s’imposait d’elle même, je n’ai pas vraiment eu à choisir, j’ai fait comme tout le monde, je me suis tourné vers les nombreux sites qui proposent la réalisation d’un livre photo en ligne.
Pour le choix du « prestataire » je me suis rapidement tourné vers Blurb.com car ils ont un très bon rapport qualité prix et le livre réalisé chez eux est consultable en ligne pour un plus grand partage. il s’est ensuite avéré que ce site a un très bon SAV et que la qualité de finition des livres et vraiment très bonne. Ce livre a eu un bel accueil sur l’île si bien que j’ai fait 2 commandes groupées pour des collègues et connaissances afin que ça ne leur revienne pas trop chère, car je pense qu’il est illusoire d’espérer faire des ventes via de l’édition à la demande sur le web tellement le prix de vente du livre est élevé, j’en ai donc vendu une vingtaine sans faire de bénéfice, de toute façon la photo n’est pas mon métier, à Belle Ile je suis Guide pour gagner ma vie.

Je crois finalement que l’étape la plus longue est la construction du livre, il y a beaucoup de choix et de compromis à faire, d’avancées et de retours en arrière, je pense donc qu’avant de commencer un livre il faut avoir une idée assez précise du résultat final, ne pas hésiter à regarder ce que font les autres (comme sur  www.welovephoto.eu 🙂 ), ensuite multiplier les essais sur l’ordinateur et que de toute façon il faudra prendre son temps, ça ne se fait pas en un jour.

WeLovePhoto – Quelle est la prochaine étape: Quels sont vos prochains projets de photos? Des projets de nouveaux livres?

Cette année c’était ma 5ème et dernière saison à Belle Ile, je voulais faire un truc particulier. J’ai essayé un peu la prise de vue argentique en noir et blanc au moyen format, mais mes conditions de vie de saisonnier ne me permettent pas de développer mes pellicules. Cette expérience m’a fait entrer dans le milieu du noir et blanc en format carré, j’ai adoré ! Je continue donc avec mon reflex numérique.
Mon nouveau projet de livre est un petit format, 20 photos maxi en format carré de 18 cm de côté, titre « Carrément BELLE ILE », une 1ère version est déjà consultable en ligne mais je dois la peaufiner. Et j’essaie aussi de voir si j’ai les moyens financiers de faire une nouvelle expo avec les images de ce dernier livre, mais il faut aussi trouver des lieux d’exposition, ce qui n’est pas simple quand on vit à la campagne.

Retrouvez Florent sur:

Florent GURY Photographies
http://www.florent-gury.com/

La Boite à Images
http://www.florentgury.com/ 

Découvrez Belle Ile en Mer en visites virtuelles
http://www.belle-ile-360.com

Focus sur Kares Le Roy, auteur de « 56000 km – un continent et des hommes »

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Interview de Kares Le Roy, auteur du livre 56000 kilomètres – un continent et des hommes. 

Kares Le Roy – En quête d’identité : 

Le travail de Kares pourrait se résumer par le mot «identité».

L’identité graphique créée, façonnée et donnée à des artistes ou des marques, dans l’industrie de la Musique ou de la Mode ; et l’identité humaine, sincère et intime, photographiée au gré de ses rencontres et voyages. Dès Septembre 2001, passionné de musique et attiré par le monde de la mode, il se consacre naturellement aux artistes et travaille en freelance, ou pour le compte de l’agence 555Lab, avec des labels indépendants et des maisons de disques. Des logos aux pochettes d’albums, des photos de presse aux photos de concerts, son travail fût de composer des images commerciales fortes pour répondre à des commandes. Huit ans plus tard, il décide de faire une pause et se dirige vers des recherches plus authentiques.

En Juillet 2009, il quitte Paris pour un projet personnel, plus humain et avant tout identitaire : réaliser des portraits de visages oubliés. Il cherche ainsi à dégager des personnalités, à éclairer des sensibilités, et finalement à déchiffrer les visages qui se cachent derrière des cultures parfois méconnues et souvent incomprises. Des clichés qui ouvrent le dialogue et rappellent que derrière chaque pays, chaque coutume, chaque religion, se cachent avant tout des individus. 

 

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Young Arab sheperd – Irak

WeLovePhoto – Vous en tant que photographe et votre style: Quelle est votre expérience en photographie? Quand avez-vous commencé et pourquoi?

A la base, je suis autant graphiste que photographe. J’ai commencé par travailler dans l’industrie du disque il y a 12 ans. En faisant des logos, des photos et des pochettes de disques pour des artistes. Jusqu’en 2008, j’ai travaillé en tant que directeur artistique de l’agence de communication 555Lab à Paris. Le secteur de la musique, puis celui de la mode ne m’intéressaient plus. J’ai eu envie d’aller découvrir le monde et une autre forme de beauté; moins sclérosée mais surtout plus authentique. En Juillet 2009, j’ai tout quitté pour un voyage de deux ans en Asie.

Je ne sais pas si j’ai un « style » en particulier. Je me considère comme portraitiste. Mon travail est un compromis entre le reportage, l’art et l’ethnologie. Un témoignage engagé sur les dernières cultures séculaires, une sorte de référencement sur des modes de vie qui disparaissent petit à petit. klr_Yazd - IranShador & Green eyes – Iran

WeLovePhoto – Qui sont les photographes qui vous inspirent le plus?

Je pourrais citer beaucoup de photographes que j’adore comme Eric Vally, Sabrina et Roland Michaud, Steve McCurry, Salgado…  Mais je les ai découverts avec le temps, donc ils ne m’ont pas vraiment inspiré. Par contre, je suis fasciné par deux photographes, qui pour le coup ont dû influencer mon travail avant mon départ. Joakim Eskidsen et Giorgia Fiorio par le biais des livres « The Roma Journeys » et « Le Don ». Deux travaux monumentaux menés jusqu’au bout à la perfection. En tant que collectionneur de livre, je pense que ce sont les deux plus beaux ouvrages que je possède.

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Tsaatan – Mongolie

WeLovePhoto – Quel matériel photo spécifique avez-vous utilisé pour réaliser cette série ?

J’ai utilisé en tout et pour tout un Canon 5D Mark2 et deux objectifs, (24mm + 50mm) pour l’ensemble du projet « 56000km ». Je reviens au flash petit à petit mais j’essaie de l’utiliser à bon escient. Uniquement sur quelques sujets comme une série sur les Nubiens qui a commencé en Egypte l’année dernière. Mais je reste plus à l’aise en lumière naturelle.

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Cheeks – Montgolie

WeLovePhoto – La série de photos dans votre livre: Pourquoi se lancer dans un tel projet ? Quel est votre message à travers ces photos? Votre source d’inspiration?

Loin des carcans de la mode, j’ai tenté de retranscrire un mode de vie que la mondialisation a encore peu touché. C’est le long d’un parcours de 56 000 kilomètres, de Jakarta à Istanbul, que j’ai mené une recherche sur des peuples méconnus et des cultures qui disparaissent progressivement. Rien ne m’inspire plus que le désir de mettre en avant des peuples que l’on stigmatise. Je parle principalement de l’Asie Centrale et du Moyen Orient. Depuis le 11 Septembre 2001, certains pays souffrent d’une mauvaise image, en particulier l’Iran, la Syrie, le Liban, l’Afghanistan ou l’Irak. J’essaie de redonner une image fidèle de la grandeur de ces différentes civilisations qui me fascinent depuis des années.

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Hidden beauty – Iran

WeLovePhoto – Votre expérience du livre: Pourriez-vous s’il vous plaît décrire en quelques mots votre expérience pour créer un livre? Critères de sélection des photos, de construction de l’ouvrage? Que recommandez-vous de faire avant de créer un livre?

A mon retour, j’avais quelques propositions en maison d’édition, mais je ne les trouvais pas en accord avec ce que je voulais faire. J’ai donc créé ma propre structure pour éditer mon ouvrage comme je le désirais : la maison d’édition Amu Darya (cf le fleuve qui coule en Asie Centrale). Pour finaliser la conception du livre dans les temps, j’ai eu pas mal d’aide de mon entourage. Un comité de sélection constitué d’amis dans le milieu de la photo m’a aidé à faire les derniers choix d’images. J’ai crée la mise en page du livre et une amie a fini les derniers détails sur InDesign. Enfin le peu de texte que l’ouvrage contient a été largement corrigé par un ami, avant d’être entièrement traduit par une autre. C’était un plaisir de le faire « en famille »! Que des gens qui me connaissaient bien et qui ont apporté leur touche à mon travail. Une expérience de partage incroyable qui a été un soutien indispensable dès mon départ, au cours de ce long voyage, et finalement lors de la création du livre qui a été l’aboutissement de mon projet. Si tout était à refaire, je recommencerais de la même façon, avec les mêmes personnes.

Et si je devais donner un conseil, je dirais qu’il faut vraiment avoir totalement confiance en ses images. Il faut être en adéquation avec ce que l’on veut raconter avant de se lancer dans l’édition. C’est énormément de travail dont on n’a pas conscience au début. Si c’est pour abandonner un projet en cours de route, mieux vaut s’abstenir!… Le faire avec sincérité est la seule règle à suivre. 

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Danseuse gitane – Rajasthan – Inde

WeLovePhoto – Quelle est la prochaine étape: Quels sont vos prochains projets de photos? Des projets de nouveaux livres?

J’ai beaucoup de projets et ils sont tous destinés à se concrétiser par des livres et des films. Amoureux du papier, c’est pour moi un réel aboutissement et une réponse que je tente d’amener à travers ce format.

Un travail se développe actuellement sur les identités des peuples des Balkans. Un deuxième voyage là bas cet été m’a prouvé la difficulté de comprendre la région après les différentes guerres qui ont fait éclater l’ex-Yougoslavie. Il sera nécessaire d’y retourner plusieurs fois avant de pouvoir donner une vue d’ensemble cohérente.

Je prépare un nouveau voyage en Asie Centrale autour de l’Iran et des dernières cultures perses, avec cette chance d’avoir maintenant un bon véhicule pour m’emmener partout où j’ai besoin. Le tout est de prendre le temps de bien faire les choses.

Le film « 56000km au coeur de l’Asie » vient d’être mis en ligne sur Vimeo. Une façon de partager de manière différente ma vision de l’Asie.

Enfin le documentaire autour de « Bajay, ma grand-mère des Annapurnas » est en court de montage et sera disponible en décembre 2013. Il sera centré autour de la vie de cette vieille femme tibétaine qui a été l’égérie de mon projet et que l’on retrouve sur la couverture du livre « 56 000 kilomètres – un continent et des hommes« 

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 Pour plus d’info sur l’auteur: 

Réseaux sociaux

[website] karesleroy.com

[blog] bykares.com

[fb] facebook.com/bykares 

Pour acheter le livre

http://livre.fnac.com/a3817330/Kares-Le-Roy-56-000-kilometres-un-continent-et-des-hommes 

Le film

vimeo.com/69588707

Interview de Rupert Vandervell, auteur de Man On Earth

Rupert VandervellRupert Vandervell, auteur de Man On Earth, nous a fait le plaisir de répondre à quelques questions qui vous permettront de mieux le connaître et de comprendre sa démarche.

Traduction de l’interview,  l’interview orignal se trouve plus bas.

WeLovePhoto – Vous en tant que photographe et votre style: Quelle est votre expérience en photographie? Quand avez-vous commencé et pourquoi? Qui sont les photographes qui vous inspirent le plus? Quel matériel photo spécifique avez-vous utilisé pour réaliser cette série ?

Je suis un photographe autodidacte  depuis assez longtemps.
J’ai d’abord commencé à photographier des paysages et de l’architecture en devenant fasciné par les formes dans le quotidien qui nous entoure. Les images en noir et blanc m’ont toujours intéressé, je trouve la gamme tonale plus expressive et peut-être plus adaptée à ma façon de regarder la vie et de voir les choses. J’ai passé plusieurs années à travailler sur des film et designer des images animées et ça a probablement eu un impact sur mon style photographique.

Il y a certainement des éléments de ce genre qui ont faire leur entrée dans mes photgraphies, Je suis inspiré par de nombreuses choses qui vont de l’art à la musique en passant par le cinéma. En terme de photographes, j’aime en particulier le travail de Gregory Crewdson et Philip-Lorca diCorcia. Leur vision et leur manière de raconter est très inspirante. Vous pouvez apprendre tellement de ce qu’ils font avec les personnages humain. Une vie entière capturée en un instant.

WeLovePhoto – La série de photos dans votre livre: Pourquoi se lancer dans un tel projet ? Quel est votre message à travers ces photos? Votre source d’inspiration?
Avec ma série « Man on Earth« , je voulais mettre en évidence le contraste entre l’arrière-plan urbain et la présence petite mais importande de la vie humaine, avec ses caractéristiques visuelles uniques. Je cherchais à dresser le portait d’un sentiment d’isolement et, en gardant une distance avec le sujet, à m’introduire juste une peu dans cette solitude.
Dans notre monde empli de monde avec une population dont le chiffre augmente sans cesse, les moments solitaires tels que ceux-ci sont devenus plus dur à imaginer et je pensais peut-être que c’était comme être en train de photographier le dernier homme sur terre. Je voulais que chaque configuration soit comme une scène – un ensemble où le personnage pourrait devenir un acteur, un personnage isolé solitaire avec une histoire à raconter.
WeLovePhoto – Votre expérience du livre: Pourriez-vous s’il vous plaît décrire en quelques mots votre expérience pour créer un livre? Critères de sélection des photos, de construction de l’ouvrage? Pourquoi L’auto-édition? Que recommandez-vous de faire avant de créer un nouveau livre?
Man on Earth était ma première expérience de publier un livre avec des images. L’auto-édition semblait la bonne option puisque j’avais un contrôle totale sur la sélection des images et l’aspect du livre. C’était un projet très spécifique et je ne voulais pas le compromettre par un mauvais choix d’image ou de design.
J’avais une idée très forte de comment il devait être et je sentais que les images ne devaient pas interférer avec le design général du livre. Je le voulais très sobre et minimaliste pour que les images parlent d’elles-mêmes. J’ai dû pas mal jouer avec l’ordre des images. Je n’avais pas le luxe de mettre une image par double-page parce que ça aurait donné un livre beaucoup trop cher. J’étais conscient d’essayer de garder un coût bas mais je voulais en inclure autant que je pouvais.
J’avais le sentiment que certaines images demandaient à être seules alors que d’autres se mariaient bien avec d’autres images complémentaires. C’est l’occasion de vraiment essayer, vous savez quand quelque chose va marcher ou pas.
 Je n’ai pas commencé à assembler le livre avant de sentir que j’avais toutes les images que je voulais inclure. J’avais peur qu’ils me manque quelques images, je voulais donc trouver un image pour remplir le trou, on doit finir le projet avant de pouvoir remplir le livre.
J’ai aussi appris qu’en cas de doute au sujet de la qualité de l’image ou du point de vue du sujet, il valait mieux la laisser de côté.
Il n’y a rien de pire que de remplissage à mon avis.
WeLovePhoto – Quelle est la prochaine étape: Quels sont vos prochains projets de photos? Des projets de nouveaux livres?
Je trouve les gens captivant à travers le viseur. Je vais continuer à explorer nos relations avec le monde dans lequel nous vivons and comment nous interagissons avec notre environnement. Ca pourrait également être le moment d’essayer un peu de couleur!
Retrouvez tout le travail de Ruper Vandervell sur son site: www.rupertvandervell.co.uk
Voici l’interview original: WeLovePhoto – Could you tell us more about you as a photographer and your style: what’s your background in photography? When did you start and why? Who are the photographers who inspire you the most? What specific material did you use for this photo set?
I am a self taught photographer having taken it up much earlier in life.
I first started shooting landscapes and architecture becoming fascinated by shapes and form in our everyday surroundings. Black and white images have always interested me, I find the tonal range  more expressive and perhaps better suited to my way of looking at life and seeing things. I have spent many years working in film and design with the moving image and this has probably had quite an impact on my style of photography. There are certainly elements from that genre that have made their way into my photographs. I am inspired by many different things ranging from art through music to cinema. In terms of photographers, I love the work of Gregory Crewdson and Philip-Lorca diCorcia in particular.  Their vision and storytelling is very inspiring. You can learn so much from what they do with the human character. A whole lifetime captured in a moment.
WeLovePhoto – What’s the inspiration behind the photo set in your book: why did you start this project? What message did you want to convey? What inspired you?
With my series Man on Earth, I wanted to highlight the dramatic contrast between the urban background and the small  but important presence of human life, with its unique visual characteristics. I was looking to portray a feeling of isolation and,  though remaining distant from the subject, I wanted to intrude just a little on this solitude. In our crowded world and with  ever-increasing population numbers, solitary moments like these are becoming harder to imagine and I was perhaps thinking  what it might be like to photograph the last man on earth. I wanted each setting to be like a stage – a set where the human figure could become an actor, a lonely isolated figure with a story to tell.
WeLovePhoto- Could you tell us about your experience publishing books? What criteria did you use to select pictures and define the structure, etc.? Why self-publishing? What steps would you recommend others follow when creating a new book?
Man on Earth was my first experience in publishing a book of pictures. Self publishing seemed the right option because I had complete control over image selection and the look of the book. This was a very specific project and I didn’t want it to be compromised by incorrect image selection or design. I had a strong idea about how it should look and felt that the images should have no interference from the book’s overall design. I wanted it to be very clean and minimal so that the pictures could speak for themselves. I had to play around quite a bit when ordering the images. I didn’t have the luxury of being able to have one picture per spread for the whole book as this would have made it far too expensive. I was conscious of trying to keep the cost down but wanted to include as many images as I could. I felt that certain pictures cried out to be on their own, whilst others worked well next to complimentary images. It’s a case of trying things out really, you know when something is going to work or not.
I didn’t start to put the book together until I felt I had all the images I wanted to include. I was worried that if I was a few images short, I would then go chasing a picture to fill the gap, you need to finish the project before filling the book.
I also learnt that if in doubt about an image’s quality whether technically or from a subject point of view, then leave it out.
There is nothing worse than filler in my opinion.
WeLovePhoto – What are your next steps: do you have any future photography or publishing projects in the pipeline?
Through the lens I find people captivating. I will continue to explore our relationship with the world we live in and how we interact with our environment. It may also be time to try a little colour!
More on the work of Rupert Vandervell on his website: www.rupertvandervell.co.uk

Interview d’Ulyana Drutsky, auteur de InstaBook#1 Lira&Food

45013_721505741199203_310781336_nUlyana Drutsky, auteur de InstaBook#1 Lira&Food, nous a fait le plaisir de répondre à quelques questions qui vous permettront de mieux la connaître et de comprendre sa démarche.

Traduction de l’interview,  l’interview orignal se trouve plus bas.

WeLovePhoto – Vous en tant que photographe et votre style: Quelle est votre expérience en photographie? Quand avez-vous commencé et pourquoi? Qui sont les photographes qui vous inspirent le plus? Quel matériel photo spécifique avez-vous utilisé pour réaliser cette série ?

Je ne me considère pas comme une photographe, je suis juste quelqu’un qui prend des photos avec son iPhone et c’est pratiquement ma première expérience en photographie. J’ai commencé il y a 2 ans lorsque j’ai eu mon premier iPhone et que j’ai découvert Instagram. Donc tout mon « matériel » consiste en ma table, mon chien magique:)), mon iPhone et les app Snapspeed et Valencia IG filter.

WeLovePhoto – La série de photos dans votre livre: Pourquoi se lancer dans un tel projet ? Quel est votre message à travers ces photos? Votre source d’inspiration?

Je ne sais pas vraiment comment j’ai eu l’idée de faire des photos associant chien et nourriture, c’est juste que j’aime la nourriture et que mon chien aussi, donc…:)) Il n’a ni message, ni idée, je pense que c’est juste un peu de vie et d’amour.

WeLovePhoto – Votre expérience du livre: Pourriez-vous s’il vous plaît décrire en quelques mots votre expérience pour créer un livre? Critères de sélection des photos, de construction de l’ouvrage? Pourquoi L’auto-édition? Que recommandez-vous de faire avant de créer un nouveau livre?

C’est mon premier livre mais pas le dernier, j’espère. Au départ, je voulais juste avoir les photos sur papier, c’est tout. Mais quand j’ai commencé à faire le livre, j’ai soudain vu une structure et des similarités entre les photos de chien et de nourriture. Chaque paire de photo chien-nourriture avait un point commun qui les unissait. Je ne peux rien conseiller de spécial, juste de suivre son intuition et de faire des livres! :))

WeLovePhoto – Quelle est la prochaine étape: Quels sont vos prochains projets de photos? Des projets de nouveaux livres?

J’ai l’idée et le matériel pour le prochain livre et j’espère qu’un jour je pourrai le réaliser. Et je pense acheter un vrai appareil photo, enfin, c’est juste des pensées pour l’instant :))

Voici l’interview original:

WeLovePhoto – Could you tell us more about you as a photographer and your style: what’s your background in photography? When did you start and why? Who are the photographers who inspire you the most? What specific material did you use for this photo set?

I can’t call myself a photographer, I just take pictures with my iPhone and it’s nearly my first experience with photography. I started nearly 2 years ago when I got my first iPhone and discovered an Instagram. So, all my ‘specific material’ is only my table and my magic dog :)) iPhone, Snapseed app and Valencia IG filter.

WeLovePhoto – What’s the inspiration behind the photo set in your book: why did you start this project? What message did you want to convey? What inspired you? 

I don’t really know how I got an idea to make food-dog photos, it’s just I love food and my dog loves food, so… :))  There is no massage, no idea, it’s just about life and love, I think.

WeLovePhoto- Could you tell us about your experience publishing books? What criteria did you use to select pictures and define the structure, etc.? Why self-publishing? What steps would you recommend others follow when creating a new book?

It is my first book, but not last, I hope. I just wanted to have a pictures on a paper, that’s all. But when I started making a book, I suddenly found a structure and similarities between food and dogs photos. Each of food-dog pair of photos has something in common, something that unites them. I can’t really advice anything special, just listen your intuition and do books! :))

WeLovePhoto – What are your next steps: do you have any future photography or publishing projects in the pipeline?

I have an idea and material for a next book and I hope one day I’ll do it. And I am thinking about buying a real camera, just thinking :)))

Earthlings de Claudio Cantadori (livre et interview)

Earthlings (Terriens) de Claudio Cantadori nous fait voyager dans la sublime nature Capture d’écran 2013-09-01 à 19.07.28sauvage africaine. Des images de toute beauté dont on s’émerveille sans cesse. Inspiré du célèbre photographe animalier Nick Brandt, Claudio Cantadori propose un style documentaire et créatif qui nous a vraiment bien séduit.

Les images graphiques des Big Five aux couleurs harmonieuses entre le sépia et le noir et blanc derrière ces paysages sauvages, font ressentir ses sujets en véritables portraits de studio.

 Un superbe cadeau pour tous les amoureux de la nature, les passionnés de voyages, de photographies animalières ou un très beau livre à s’offrir tout simplement.

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Claudio Cantadori nous présente son livre : (interview réalisée en anglais – voir traduction FR ci-dessous)

WeLovePhoto – Could you tell us more about you as a photographer and your style: what’s mia1your background in photography? When did you start and why? Who are the photographers who inspire you the most? What specific material did you use for this photo set?

I was born and live in Parma, Italy. I started taking pictures when I was 12 years old. My first camera was a birthday gift, a « Bencini Comet II « . After few years I had it, I fell in love with photography. When I still was a student, I was already working during the summer and this work allowed me to buy a reflex Canon and all the instruments to print and develop my pictures at home. Then the university came, followed by my work, four sons and a country house. I didn’t have enough time for photography anymore and I didn’t have neither money!

Now i’m a 61 years old pediatrician. Children are already adults and my work gives me the best satisfaction i could ever expect; Consequently, i decided to come back to my first love and i gave vent to repressed desires.

Right now, I have a professional Nikon equipment: D700 and D800, 14-24mm, 24-70mm, 70-200mm, 300mm, 200-400mm, 500mm, 50mm, 85mm, two teleconverters, two tripod Gitzo with Arca Swiss head, Lee filters, Wimberley Sidekick. During all my life, I was keen on wildlife, architecture and design. My way to photograph things is based on the union of all these interests: I’m looking for simple shots with unpredominant landscapes. My aim is to capture the essence and personality of the photographed subject, it does not matter if it is a person, an animal or a landscape. To obtain the right balance, I’m using photo editing softwares as Photoshop, Lightroom and Silver Efex Pro. With these programs I change lights equilibrium, shadows and I use cropping technique. I think there are several types of photographic art: one is to photograph and don’t retouch the imagine, the other one is to partially fix the shot. The retouch of the photography helps the photographer to better represent the picture’s message: the initial shot is just a base on which the photographer has to build the final imagine. That’s what I love to do. Above all, I admire wildlife photographers. Moreover, among them, I prefer those who are looking for the design purity: Nick Brandt is my favorite but I also like Stefano Unterthiner, Marsel van Oosten and Vincent Munier.

Je suis né et je vis à Parme , en Italie. J’ai commencé à prendre des photos quand j’avais 12 ans. Mon premier appareil était un cadeau d’anniversaire, un  » Bencini Comet II  » . Après quelques années avec cet appareil, je suis tombé amoureux de la photographie. Quand j’étais encore étudiant, je travaillais déjà pendant l’été et ce travail m’a permis d’acheter un reflex Canon et tout le matériel pour imprimer et développer mes photos chez moi. Ensuite, l’université est venu, suivi par mon travail, quatre fils et une maison de campagne . Je n’ai plus eu assez de temps pour la photographie ni assez d’argent !
Maintenant, je suis un pédiatre de 61 ans. 
Les enfants sont déjà adultes et mon travail me donne la plus grande satisfaction que je n’aurais pu espérée ; Par conséquent , j’ai décidé de revenir à mon premier amour et j’ai donné libre cours à des désirs refoulés.
En ce moment , j’ai un matériel professionnel Nikon : D700 et D800, 14 -24mm , 24-70mm , 70-200mm , 300mm, 200 -400mm , 500mm , 50mm, 85mm , deux téléconverteurs , deux trépieds Gitzo avec tête Arca  Suisse, filtres Lee, Sidekick de Wimberley .
Pendant toute ma vie, je me suis intéressé à la faune , l’architecture et le design. Ma façon de photographier des choses est fondée sur l’union de tous ces centres d’intérêts : Je suis à la recherche de shootings simples de paysages non prédominants. 
Mon but est de capturer l’essence et la personnalité du sujet photographié , ce n’est pas grave si c’est une personne , un animal ou un paysage. Pour obtenir le bon équilibre , j’utilise des logiciels de retouche photo comme Photoshop, Lightroom et Silver Efex Pro. Avec ces programmes, je change l’équilibre de la lumière, les ombres et j’utilise la technique de cropping. Je pense qu’il ya plusieurs types d’art photographique : l’une est de photographier et de ne pas retoucher l’ image , l’autre est de fixer partiellement le déclencheur. La retouche photo permet au photographe de mieux représenter le message de la photo : le déclenchement initial est juste une base sur laquelle le photographe doit construire l’image finale. C’est ce que j’aime faire .
Par-dessus tout , j’admire les photographes animaliers . En outre, parmi eux, je préfère ceux qui sont à la recherche de la pureté du design : Nick Brandt est mon préféré mais j’aime aussi Stefano Unterthiner , Marsel van Oosten et Vincent Munier .

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WeLovePhoto – What’s the inspiration behind the photo set in your book: why did you start this project? What message did you want to convey? What inspired you?

Earthlings” comes from the love for beautiful nature surrounding us and the respect for animals that inhabit this earth like us. Also animals are terrestrial. When I was close to them, I understood that they are also living of love and feelings; their behaviour is premordial but they have all the typical human feelings. I hope this mood and the love of nature are coming from photographies contained in my book. When I went to Africa I did’nt have a clear idea of photographic project, but in the moment I got there, I understood what was the project and what was the message to be spread. Definitely, I was influenced by the art of Nick Brandt and the diligence of his “Big Life Foundation”.

« Earthlings » vient de l’amour pour la belle nature qui nous entoure et le respect des animaux qui peuplent cette terre comme nous. Les animaux sont également terrestres. En étant proche d’eux, j’ai compris qu’ils vivent aussi de l’amour et des sentiments; leur comportement est primordial mais ils ont tous les sentiments humains typiques. J’espère que cet état d’esprit et l’amour de la nature sont transmis au travers de mes photographies contenues dans mon livre. Quand je suis allé en Afrique, je n’avais pas une idée claire du projet photographique, mais au moment où je suis arrivé, j’ai compris quel était le projet et quel était le message à diffuser. J’ai été certainement influencé par l’art de Nick Brandt et la diligence de sa fondation «Big Life».

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WeLovePhoto – Could you tell us about your experience publishing books? What criteria did you use to select pictures and define the structure, etc.? Why self-publishing? What steps would you recommend others follow when creating a new book?

I think Blurb is currently the best way to produce and publish online books: the service is really amazing and every time you just want to buy a lot of books. I hope in the future we can improve the color matching between the photographic project on our computer and the real printed material: even following the online advices and the « Blurb Color Management », color casts not provided may appear in the print. I solved the problem by ordering a lot of prints with different dominant colors until I got the desired effect! I think Blurb should provide test prints to see before the publication of the entire book.

Je pense que Blurb est actuellement la meilleure façon de produire et de publier des livres en ligne: le service est vraiment incroyable et chaque fois vous voulez juste acheter beaucoup de livres. J’espère que dans l’avenir, nous pourrons améliorer le contraste des couleurs entre le projet photographique sur notre ordinateur et le matériel imprimé réel: même en suivant les conseils en ligne et la «Gestion des couleurs de Blurb », il peut y avoir des couleurs non reproduites dans le print. J’ai résolu le problème en commandant un grand nombre de tirages avec différentes couleurs dominantes jusqu’à ce que  j’ai eu l’effet désiré! Je pense que Blurb devrait fournir des impressions testspour voir avant la publication de l’intégralité du livre.

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WeLovePhoto – What are your next steps: do you have any future photography or publishing projects in the pipeline?

At the moment I’m not thinking about a new accurate photographic project: I’m probably going to develop in colors some of the “Earthlings” book’s photos.. By 2014 I hope to go to Amboseli National Park, Kenya, in order to continue the photographic story started now.  I want to focus on portraits of elephants during the dry season: I think might be photographs of great visual impact, iconographics and I really think they are images that remind us of the beginning of our life on earth. »

Pour le moment je ne pense pas à un nouveau projet photographique précis: je vais probablement développer en couleurs certaines photos de mon livre « Earthlings » .. En 2014 j’espère aller au parc national d’Amboseli, au Kenya, afin de continuer l’histoire photographique démarrée à présent.
Je veux me concentrer sur les portraits d’éléphants pendant la saison sèche: Je pense peut-être à des photographies de grand impact visuel, iconographiques et je suis convaincu que ce sont des images qui nous rappellent le début de notre vie sur terre « .

 Earthlings de Claudio Cantadori

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